@informateur.ci- Depuis un certain temps, les producteurs et opérateurs de la filière café-cacao se retrouvent dans une situation très difficile avec de multiples conséquences. Force est de constater que cette corporation est en grande difficulté, et même au bord de ce qu’ils qualifient d’asphyxie, d’où l’urgence de trouver des mécanismes pour la survie de cette filière et la pérennité des entités économiques que tous ont bâties au prix de lourds sacrifices, afin de faire vivre dignement leurs familles.
C’est pour porter à la connaissance de l’opinion nationale et internationale les solutions et recommandations de leurs réflexions et analyses, que le Collège des producteurs de l’OIA café-cacao, notamment la Centrale Syndicale Agricole de Cote d’Ivoire en concertation avec d’autres organisations et leaders du secteur, étaient face la presse jeudi 26 Mars 2026 la Bourse du Travail de Treichville, dans le district d’Abidjan. «La campagne de commercialisation 2025-2026, qui avait suscité beaucoup d’espoir avec l’annonce d’un prix historique de 2 800 FCFA/kg, est aujourd’hui plongée dans une crise profonde marquée par un blocage du marché et de graves dysfonctionnements. », a planté d’emblée comme décor, Thibeaut Yoro, secrétaire général de l’ONPCC-CI, Collège des producteurs, porte-parole des producteurs de cacao de Côte d’Ivoire, réunis au sein d’organisations professionnelles.
Selon lui, la crise actuelle trouve son origine à la fois dans des facteurs externes (volatilité des prix internationaux), mais surtout dans des facteurs internes de gouvernance, notamment : des défaillances dans l’agrément des exportateurs, une mauvaise allocation des volumes, un manque de transparence dans la gestion, et une insuffisante concertation avec les acteurs de la filière.
Non sans relever la gestion du fonds de 291 milliards FCFA, destiné à l’enlèvement des stocks qui soulève des interrogations légitimes quant à sa transparence et à son efficacité, d’autant plus que Les producteurs sont aujourd’hui les principales victimes de cette situation désastreuse qui se résume en des pertes financières importantes, accumulation de stocks invendus, difficultés de trésorerie, risque de faillite des coopératives et précarisation accrue des familles.
Poursuivant, M. Yoro s’est insurgé contre la modification unilatérale du calendrier de commercialisation, ainsi que l’annonce d’un prix de 1 200 FCFA/kg pour la campagne intermédiaire, un fait qui a entraîné en plus, des pertes considérables pour les producteurs. «Cette décision, prise sans concertation, remet en cause les engagements initiaux et fragilise davantage les acteurs de la filière.», a-t-il soutenu.
Ainsi, les organisateurs de cette rencontre lancent un appel solennel au président Alassane Ouattara, afin qu’il use de son pouvoir pour préserver les intérêts des producteurs, garantir le paiement du stock résiduel au prix initial de 2 800 FCFA/kg, éviter la faillite des coopératives et des acteurs de la filière, et restaurer la confiance dans le système de commercialisation.
En outre, prendre une mesure conservatoire à l’encontre de M. Koné Yves DG du CCC, le temps de la réalisation d’un audit pour situer les responsabilités de cette nouvelle crise du cacao pour la campagne 2025-2026, quant à la gestion des 291 milliards FCFA de l’opération spéciale d’enlèvement des 100 000 tonnes. Avant la prochaine campagne, initier une réforme profonde sur la gestion du Fonds de Réserve Technique de Stabilisation. Toutefois, pour ramener la quiétude et restaurer la confiance, ces producteurs exigent l’enlèvement immédiat des 60 000 tonnes de stocks de cacao restants.
En effet, rappellent-ils, lors d’une conférence de presse, l’OIA café-cacao a fait savoir qu’il reste encore 60.000 Tonnes de cacao à enlever des entrepôts et magasins des coopératives et acheteurs sur les 100.000 Tonnes concernés par les 291 Milliards FCFA du Gouvernement. Faute de quoi, ils entreront immédiatement en grève dès le mardi 31 mars 2026. A en croire ces producteurs, la balle se trouve dans le camp du gouvernement qui entend échanger avec eux par le biais du ministère de tutelle dès lundi prochain.
Yannick KOBO












