@informateur.ci- Lors du conseil des ministres tenu ce mercredi 12 novembre 2025, le porte-parole du gouvernement ivoirien, Amadou Coulibaly, a animé la traditionnelle conférence de presse hebdomadaire. Il a répondu à plusieurs questions d’actualité, notamment sur la situation politique et les suites judiciaires liées à la présidentielle du 25 octobre dernier.
Interrogé sur la demande du Parti des peuples africains Côte d’Ivoire (PPA-CI) réclamant la libération de ses cadres et militants arrêtés après les manifestations postélectorales, le ministre de la
Communication a réaffirmé la position du gouvernement. «Toutes ces personnes sont entre les mains de la justice. Et sauf à rappeler au PPA-CI que nous sommes dans un régime fondé sur la séparation des pouvoirs, le gouvernement ne peut interférer dans des procédures judiciaires en cours », a-t-il déclaré, soulignant que « la justice suit son cours».
Répondant à une question sur une éventuelle coïncidence entre ces poursuites et le calendrier politique, Amadou Coulibaly a insisté sur l’indépendance du pouvoir judiciaire. Il a rappelé que «le président Alassane Ouattara a renoncé à la disposition constitutionnelle qui faisait de lui le président du Conseil supérieur de la magistrature », désormais dirigé par un magistrat. Un geste, selon lui, qui illustre la volonté du chef de l’État d’éviter tout mélange entre les pouvoirs exécutif et judiciaire.
Abordant le cas de quatre mineurs arrêtés à Agboville lors des récentes manifestations, le ministre a tenu un discours de fermeté : «Ce n’est pas parce que vous êtes mineurs que vous devez bénéficier d’un passe-droit pour violer la loi. Ces jeunes ont participé à des actes de violence et répondront de leurs actes devant la justice.»
Concernant les appels au dialogue national lancés par plusieurs leaders politiques et religieux après les violences postélectorales, Amadou Coulibaly a souligné la nécessité de rompre avec la culture de l’impunité. « On ne peut pas violer les lois, provoquer des morts, puis appeler à la médiation des chefs religieux pour demander pardon », a-t-il déclaré, tout en rappelant que certaines procédures judiciaires sont toujours en cours.
Le porte-parole du gouvernement a reconnu que les violences électorales de 2025 ont fait «une dizaine de morts », contre plus de 80 lors du scrutin présidentiel de 2020. « Chaque mort est une mort de trop. Il faut que les acteurs politiques apprennent à respecter la vie humaine et à assumer leurs responsabilités », a-t-il martelé.
Enfin, tout en défendant la rigueur de la justice, le ministre a laissé entrevoir la possibilité d’actes de clémence présidentielle. « La Constitution accorde au chef de l’État des prérogatives, notamment le droit de grâce, mais celle-ci ne remplace pas le travail de la justice », a-t-il conclu.
Ce conseil des ministres marque par ailleurs le premier présidé par Alassane Ouattara depuis sa réélection à la tête de la Côte d’Ivoire.
Djah OPELY












