@informateur.ci- Portée par une croissance parmi les plus dynamiques d’Afrique de l’Ouest, la Côte d’Ivoire s’apprête à franchir un nouveau cap grâce au boom énergétique impulsé par les gisements « Baleine » et « Calao ». Pour les autorités comme pour les acteurs du secteur, ces découvertes ne bouleversent pas l’identité économique du pays, mais en changent incontestablement l’échelle.
Depuis 2021, l’économie ivoirienne affiche une croissance annuelle moyenne de 6,5 %, soit près du double de la moyenne régionale. Abidjan, qui concentre 65 % du PIB national, continue de se transformer avec de grands projets structurants : extension de l’aéroport, développement du métro, zones industrielles et modernisation logistique. Cet environnement attire un volume d’investissements étrangers en forte hausse depuis dix ans. La récente amélioration de la note souveraine par Standard & Poor’s (BB) confirme cette attractivité.
Dans ce contexte, le secteur des hydrocarbures apparaît comme un accélérateur majeur. Le champ « Baleine » recèlerait 2,5 milliards de barils de brut et plus de 3 000 milliards de pieds cubes de gaz. « Calao », découvert en 2024, vient renforcer ces perspectives. Selon la ministre du Plan, Kaba Nialé, la Côte d’Ivoire prévoit de faire passer sa production quotidienne de 44 000 barils aujourd’hui à au moins 200 000 barils en 2027–2028, avec un objectif ambitieux de 500 000 barils par jour à l’horizon 2035, de quoi intégrer le Top 5 africain.
Pour Nina Keïta, directrice générale adjointe de la GESTOCI, le pétrole représente avant tout « un formidable accélérateur ». Le pays ne souhaite plus exporter uniquement du brut : la stratégie vise à renforcer le raffinage, développer la pétrochimie, moderniser les réseaux électriques et accroître la transformation agro-industrielle. La GESTOCI joue un rôle central dans cette montée en valeur, notamment sur le stockage stratégique et la sécurité des approvisionnements.
Parallèlement, la Côte d’Ivoire entend consolider son positionnement de hub régional. Le port d’Abidjan, parmi les plus performants d’Afrique subsaharienne, et la position géographique du pays au cœur de l’UEMOA et de la CEDEAO sont des atouts majeurs. La transition énergétique n’est pas en reste : les autorités souhaitent porter la part des renouvelables à 42 % du mix électrique d’ici 2030.
Cependant, des défis persistent : pauvreté encore élevée, informalité massive, chômage des jeunes diplômés ou disparités régionales marquées. La dette publique, en hausse, demeure sous surveillance. Pour Nina Keïta, l’enjeu est clair : « Le boom énergétique doit être un levier de diffusion, pas de concentration.»
La Côte d’Ivoire aborde ainsi une séquence décisive : transformer son essor pétrolier en moteur durable de diversification et d’inclusion économique.
Djah OPELY













