@informateur.ci- En Côte d’Ivoire, à environ quatre mois de l’élection présidentielle, que chacun le dise ou non, tout le monde a peur! Peur d’une probable crise électorale qui pourrait survenir, au regard de la crispation et de la tension politiques qui marquent cette période préélectorale. Les questions politiques non résolues : l’impossible consensus entre le parti au pouvoir et l’opposition sur le processus électoral, la controverse autour de la candidature ou non du président Alassane Ouattara, les divergences de vue concernant la composition et le format de la Commission électorale indépendante (CEI) ; les doutes sur la sincérité du découpage électoral ; les suspicions de fraude sur la liste électorale, dans la délivrance de la Carte nationale d’identité (CNI) et les documents administratifs afférents au vote.
Mais aussi et surtout le lourd et sensible dossier de l’inéligibilité du président Laurent Gbagbo, candidat désigné du Parti des peuples africains (PPA-CI) et de Tidjane Thiam, le candidat choisi par le Parti démocratique de Côte d’Ivoire (PDCI), entre autres. Une épaisse psychose noire s’est installée et s’amplifie au fil des jours qui s’égrènent vers le prochain scrutin présidentiel ivoirien prévu pour en octobre prochain. Elle est si dense que chacun prend déjà ses dispositions. A commencer par les investisseurs et autres opérateurs économiques qui ont gelé certains projets en Côte d’Ivoire, le temps de les reprendre ‘’après les élections‘’.
Il faut surtout encourager le président de la République Alassane Ouattara à prendre le leadership du dialogue politique pour parvenir à un consensus avec tous les acteurs politiques et de la Société civile, pour des élections désormais apaisées et dont les résultats seront acceptés par tous, en Côte d’Ivoire. Pour mettre un terme à la psychose électorale, au syndrome des élections, à cette sorte de ‘’malédiction électorale‘’ qui frappe la Côte d’Ivoire.
Oui, ‘’après les élections‘’ est le terme à la mode en cette période préélectorale. Aucun investisseur étranger ou opérateur local ne tient à risquer un investissement qui pourrait se perdre dans d’éventuels dégâts humains et matériels si une crise électorale survenait. Tout est remis à…’’après les élections‘’. Les sources confient discrètement que dans les chancelleries, chaque représentation diplomatique se préparerait à demander à ses ressortissants d’observer de la ‘’prudence » quant à ‘’la destination Côte d’Ivoire‘’ quand la présidentielle sera suffisamment proche.
Selon d’autres sources, les flux financiers qui sortent de la Côte d’Ivoire auraient augmenté et la tendance se poursuivrait. Ceux qui en ont la possibilité voudraient-ils ‘’sécuriser leur argent ‘’ à l’extérieur pendant qu’il est encore temps‘’, comme nous l’apprenons? Beaucoup de ressortissants étrangers observent avec beaucoup d’attention la situation en Côte d’Ivoire. Les plus hauts placés au sommet de la République seraient-ils eux-mêmes déjà en train de prendre des dispositions pour ‘’mettre leurs familles à l’abri à l’extérieur du pays avant les élections‘’, comme cela se murmure déjà à Abidjan? Les commerçants eux aussi jouent la prudence.
On ne parle pas de la prochaine rentrée scolaire ou des fêtes de fin d’année à préparer, comme on l’aurait fait en temps normal. Mais plutôt des ‘’élections‘’ et de ce qui pourrait advenir…Beaucoup d’Ivoiriens que nous avons interrogés dans la capitale économique entrevoient de ‘’quitter provisoirement Abidjan pendant les élections par mesure de précaution’’ pour se retrancher à l’intérieur du pays ou au village, le temps que le ciel électoral se dégage. La psychose est là, aux portes de la Côte d’Ivoire, car sur les bords de la Lagune Ebrié, la période électorale n’est pas un temps normal.
- En Côte d’Ivoire, toutes les dates d’élection présidentielle sont comme des dates fatidiques
Toutes les dates d’élection présidentielle sont comme des dates fatidiques qui provoquent la peur, l’angoisse, l’anxiété. Ce n’est pas que les Ivoiriens souhaitent ou attendent des crises électorales. Bien au contraire, ils n’en veulent plus ! Mais c’est hélas la résurgence des effets du lourd traumatisme laissé par plus de deux décennies de crise politico-militaire, de la plaie non encore cicatrisée ouverte dans les esprits par trois crises électorales ou postélectorales majeures. Des crises sanglantes et destructrices : celle de 2000 avec des dizaines de morts et l’affaire dite du ‘’charnier de Yopougon‘’, de triste mémoire ; celle, tragique, de 2010 et son bilan de 3000 morts et celle, plus récente, de 2020 et qui a occasionné au moins 85 morts! C’est pourquoi il faut vaincre le signe indien pour tourner, une bonne fois pour toutes, la page des crises électorales à répétition en Côte d’Ivoire.
Il faut encourager le parti au pouvoir à continuer les pourparlers avec l’opposition et la Société civile, malgré les nombreuses revendications. Il faut encourager l’opposition à accepter d’aller à la table de négociation avec le pouvoir en place, en dépit des difficultés rencontrées. Il faut surtout encourager le président de la République Alassane Ouattara à prendre le leadership du dialogue politique pour parvenir à un consensus avec tous les acteurs politiques et de la Société civile, pour des élections désormais apaisées et dont les résultats seront acceptés par tous, en Côte d’Ivoire. Pour mettre un terme à la psychose électorale, au syndrome des élections, à cette sorte de ‘’malédiction électorale‘’ qui frappe la Côte d’Ivoire…depuis la disparition du premier président et père fondateur de la Côte d’Ivoire moderne, Félix Houphouët-Boigny, qui fut ‘’ l’Apôtre de la Paix ‘’.
Maurice Konan KOUASSI













