L’association citoyenne FIER (Front Ivoirien pour l’État de droit et la Réconciliation) a exprimé, dans un communiqué en date du 4 août 2025, sa profonde inquiétude après la diffusion sur la télévision nationale des aveux d’un individu interpellé à la suite des violences survenues à Yopougon dans la nuit du 1er au 2 août.
Selon l’organisation, cette communication publique constitue une atteinte grave aux principes fondamentaux de la justice, notamment la présomption d’innocence.
FIER rappelle que l’article 10 de la Constitution ivoirienne de 2016 établit clairement que toute personne est présumée innocente jusqu’à la preuve de sa culpabilité devant une juridiction compétente. Diffuser les déclarations d’un suspect en garde à vue, sans que celles-ci aient été vérifiées par un juge ou obtenues en présence d’un avocat, revient à organiser un « procès médiatique ».
Ce procédé, estime l’association, est contraire aux normes internationales en matière de droits humains, notamment à la jurisprudence de la Cour africaine des droits de l’homme et des peuples.
Au-delà de la présomption d’innocence, FIER dénonce une violation manifeste du secret de l’enquête. Le Code de procédure pénale interdit la communication au public des procès-verbaux dressés par les officiers de police judiciaire. Selon l’article 38, seuls les magistrats peuvent y avoir accès. En diffusant des aveux avant même toute mise en accusation officielle, les autorités exposent la procédure à un risque de nullité et compromettent les droits de la défense.
Tout en saluant les efforts des forces de l’ordre pour prévenir les troubles, FIER insiste sur la nécessité de respecter les droits fondamentaux des personnes arrêtées. Le Pacte international relatif aux droits civils et politiques, ratifié par la Côte d’Ivoire, impose que toute personne détenue soit informée de ses droits, notamment celui à un avocat et à un procès équitable. La sécurité publique ne saurait justifier des violations de ces garanties essentielles.
FIER lance un appel aux autorités, notamment au ministère de l’Intérieur et à la RTI, pour qu’elles adoptent une communication institutionnelle plus respectueuse du droit. L’association invite à cesser la diffusion d’aveux extrajudiciaires, à garantir les droits de toutes les personnes interpellées, et à préserver l’indépendance de la justice à l’approche de l’élection présidentielle. «Force doit rester à la loi, mais à la loi seule », conclut Jean Bonin Kouadio, président de FIER.
Djah OPELY













