@informateur.ci- Victime de menaces verbales et d’intimidations, Georges Taï Benson dénonce une atteinte à la liberté d’expression en Côte d’Ivoire et refuse de se taire face aux dérives autoritaires.
À 79 ans, Georges Taï Benson, figure médiatique ivoirienne, sort de son silence pour dénoncer les menaces et insultes dont il est victime en raison de ses prises de parole publiques. Dans un message poignant, l’ancien journaliste et homme de culture s’indigne contre les intimidations visant à faire taire les voix critiques dans le pays. «Toi Benson-là, illettré ghanéen avec ton petit niveau de 5ème, tu emmerdes les gens avec tes textes. Le président est gentil, sinon tu serais déjà en prison».
Tels sont les propos d’une rare violence que Taï Benson affirme avoir reçus récemment. Selon lui, cette attaque n’est pas isolée, mais s’inscrit dans un climat où la liberté d’expression se rétrécit dangereusement.
Fils de parents N’zima Kotoko, né à Treichville en 1946, formé à l’école primaire publique de Grand-Lahou, Georges Taï Benson revendique sans complexe son modeste niveau scolaire. «Je ne suis ni diplômé, ni intellectuel», confie-t-il, rappelant que ces éléments ne l’ont jamais empêché de contribuer à la construction de la nation, depuis l’époque du Président Houphouët-Boigny jusqu’à aujourd’hui. «Depuis le samedi 6 juin 1964, je participe à la construction de ce pays. Je ne vais pas rester silencieux pendant qu’on le détruit», insiste-t-il.
À l’origine de la récente polémique : un commentaire de Benson soutenant que le député Bredoumy « n’a pas fui le pays, mais la barbarie ». Cette déclaration a visiblement irrité certains milieux politiques. « Je croyais qu’il y avait la liberté de parole en Côte d’Ivoire ? » s’interroge-t-il. «Pourquoi donc tant de personnes croupissent-elles à la MACA simplement pour avoir dénoncé la cherté du mil, du ‘’kossromgbos’’, ou de l’huile?»
Sans jamais sombrer dans l’invective, Georges Taï Benson revendique une parole critique, fondée sur des observations de terrain. «Je parle, j’observe, je fustige, mais je n’insulte jamais», martèle-t-il.
Accusé à tort d’être « un Ghanéen illettré », il rectifie : «Je ne suis jamais allé au Ghana. Mon père et ma mère sont enterrés à Grand-Bassam». Pour lui, ses racines africaines sont une richesse et non un prétexte à la stigmatisation.
Taï Benson conclut son message par un vœu amer : «Bonne fête de pseudo indépendance à tous, bientôt». Une manière de souligner les contradictions entre les idéaux d’indépendance et les réalités actuelles, marquées selon lui par la peur, la censure et l’intimidation.
En publiant ce témoignage courageux, Georges Taï Benson relance le débat sur la liberté d’expression et la place du citoyen dans le débat public ivoirien. Refusant de céder à la peur, il s’engage à continuer de parler — sans haine, mais avec fermeté.
Yannick KOBO












