- La réaction du gouvernement attendu
Informateur.info- Plus de douze kilomètres de plantations et de forêt du parc du Mont Péko sont partis en fumée la semaine dernière entre la fête de Noël et le 31 décembre 2015. Un incendie dont tout porte à croire qu’il est de nature criminelle au regard des témoignages recueillis s’est déclenché dans le campement de Canada dans la sous-préfecture de Bagohouo, ex-fief de Amadè Ourémi et s’est propagé à Petit Guiglo, à Gonié et même hors des limites du parc à Djebly où des centaines d’hectares de plantations appartenant aux clandestins et aux autochtones guéré ont été ravagées. A l’origine de ce drame, rapporte t- on, un conflit d’intérêt entre un capitaine de l’office ivoirien des parcs et réserves, Ouattara Polo et des clandestins. Selon des témoins, le responsable de l’OIPR se serait rendu dans le campement de Canada pour exiger les montants de prélèvements institués par le Préfet de région, Sangaré Sory, sur les sorties de produits agricoles des planteurs clandestins. Des prélèvements que les clandestins ont refusé de payer. « Le capitaine s’est énervé et à mis le feu à un hangar avant de se retirer. Le feu a tout de suite pris les plantations et les arbres et s’est embrasé»,rapporte un riverain de Canada d’où le feu est parti. Malgré les tentatives d’extinction les flammes n’ont pas pu être maitrisées avec les vents secs de l’harmattan. Conséquences, plus de douze kilomètres de forêt et des plantations ont été ravagées. «Nous avons enregistré un mort et plusieurs blessés légers. Mais le plus difficile aujourd’hui c’est la gestion des sinistrés qui ont vu leurs plantations détruites», précise notre source. Selon ce dernier depuis trois jours, le président de la communauté Cedeao de la localité procède à des recensements des sinistrés. Du côté de Djébly zone en dehors du parc, rapporte t-on, c’est l’émoi au sein des communautés Guéré dont les plantations ont aussi été ravagées par ces flammes. Sur cette affaire, les autorités locales restent silencieuses. Nous avons tenté en vain par téléphone de joindre le capitaine Polo Ouattara pour avoir sa version des faits.
- Le MIDH avait dénoncé un crime organisé
Il faut le préciser, les rapports entre les clandestins burkinabè et les autorités locales (OIPR et le Préfet) étaient des plus conflictuels l’année dernière. En cause, la création de huit ports secs par le Préfet Sangaré Sory à travers lesquels un prélèvement de 100 FCFA est prélève sur chaque kg de cacao sortant du parc. Des prélèvements qui ont rapporté des centaines de millions FCFA à l’autorité préfectorale. Des faits corroborés dans un rapport du Mouvement Ivoirien des droits de l’homme (MIDH) publié en juillet dernier et qui qualifiait ces rackets de «crime organisé». En dépit des dénonciations, le gouvernement ivoirien, notamment le ministère de l’intérieur est resté sans réagir. Confortant le Préfet, par ailleurs président du comité de gestion du parc dans cette pratique. Rappelons qu’en juillet 2014, le Burkina Faso et la Côte d’Ivoire étaient convenus de la mise en place d’une commission mixte en vue du règlement de cette question qui concerne plus de 20.000 Burkinabè. Cette commission annoncée n’a jamais été créée. Tout simplement parce que certaines autorités ivoiriennes soupent à la table de ce racket. Avec cet incendie qui a fait un mort, l’on attend vivement la réaction du gouvernement ivoirien et des mesures concrètes en vue de l’évacuation des clandestins. Puisqu’il faut bien en finir avec cette occupation.
Dalima Dahoué
Informateur.info













