@informateur.ci- La Fonction publique ivoirienne a connu, entre 2023 et 2024, un recours soutenu aux mécanismes disciplinaires, avec 753 fonctionnaires traduits devant le Conseil de discipline. L’information a été rendue publique le mercredi 3 décembre 2025 par Yao Paul, président du Conseil de discipline, lors d’un atelier dédié à l’évaluation des instances disciplinaires sectorielles.
Selon les données présentées, l’année 2024 a enregistré une diminution notable du nombre de dossiers soumis au Conseil : 333 fonctionnaires déférés, contre 420 en 2023, soit une baisse de 20,71 %. Cette évolution, selon M. Yao Paul, résulte des efforts accrus de prévention, de sensibilisation et de renforcement du respect des règles professionnelles au sein de l’administration.
Cependant, cette réduction du volume de dossiers n’a pas entraîné un relâchement de la rigueur. Au contraire, les sanctions ont connu une hausse significative. En 2023, 115 agents avaient été sanctionnés, contre 196 en 2024, représentant une progression de 70 %. Sur les deux années, ce sont 311 fonctionnaires qui ont été sanctionnés, soit un taux global de 41,03 %, témoignant d’une discipline renforcée.
Parallèlement, les décisions de rétablissement dans les droits ont elles aussi augmenté. Le Conseil a enregistré 35 agents réhabilités en 2023 et 60 en 2024, une hausse de 171 %, traduisant, selon son président, le respect scrupuleux des droits de la défense au sein du dispositif disciplinaire.
Pour Yao Paul, ces tendances montrent que si des défis persistent en matière de discipline administrative, la volonté d’améliorer l’efficacité des Conseils sectoriels demeure forte. Il a souligné la nécessité d’une meilleure structuration des mécanismes disciplinaires, conformément à l’article 100 du Statut général de la Fonction publique. « Les défis appellent à la compétence, à la capacitation et à l’outillage adéquat des ressources humaines », a-t-il insisté.
De son côté, la ministre d’État, ministre de la Fonction publique et de la Modernisation de l’Administration, Anne Désirée Ouloto-Lamizana, a réaffirmé l’importance d’une nouvelle culture de discipline reposant sur la justice, l’équité et la transparence. Elle a encouragé les administrations à mieux organiser et piloter leurs actions afin de garantir un service public performant, au bénéfice des citoyens et de l’économie nationale.
Yannick KOBO





