@informateur.ci-Quelques jours après l’annonce du nouveau prix du cacao fixé à 2 800 FCFA le kilogramme, la Coordination rurale de Côte d’Ivoire (CR-CI) monte au créneau. Son président, Ehora Yao Léonard, a plaidé, dimanche 5 octobre 2025 à Abengourou, pour un ajustement du différentiel coopératif, estimé trop faible pour garantir la viabilité économique des sociétés coopératives.
Saluant la décision du président Alassane Ouattara de rehausser le prix bord champ du cacao — passé de 1 800 à 2 800 FCFA/kg — M. Ehora a néanmoins attiré l’attention sur la stagnation du différentiel coopératif, toujours fixé à 100 FCFA/kg. Ce montant, censé couvrir les charges opérationnelles, ne suit pas la même progression que le prix du cacao, a-t-il fait remarquer. «Il y a quelques années, quand le cacao se vendait à 850 FCFA, le différentiel était de 80 FCFA. Lorsque le prix est monté à 1 800 FCFA, il n’a augmenté que de 20 FCFA. Aujourd’hui, avec 2 800 FCFA, il reste bloqué à 100 FCFA », a déploré le président de la CR-CI.
Selon lui, ce décalage fragilise les structures coopératives, qui doivent faire face à une hausse continue des coûts logistiques et financiers.
Pour redonner de la marge aux acteurs de la filière, M. Ehora plaide pour une revalorisation du différentiel à au moins 150 FCFA/kg. « Nous ne demandons pas l’impossible, mais simplement les moyens de travailler dans de bonnes conditions», a-t-il affirmé.
Le responsable rural a également souligné les difficultés rencontrées par les coopératives pour honorer leurs engagements financiers. «Si une coopérative emprunte 120 millions de FCFA pour financer un chargement, elle ne réalise même pas 1 % de chiffre d’affaires», a-t-il expliqué.
Face à cette situation, plusieurs sociétés coopératives redoutent la faillite si aucune mesure corrective n’est prise. Le président de la CR-CI appelle donc le Conseil du café-cacao à réexaminer la grille des marges afin de garantir la durabilité du secteur, pilier de l’économie ivoirienne.
Djah OPELY












