@informateur.ci- Reporters sans frontières s’inquiète pour le sort du journaliste réfugié Hugues Sossoukpè, extradé du territoire ivoirien vers le Bénin. RSF évoque un piège orchestré avec l’accord d’Abidjan.
Le journaliste béninois Hugues Comlan Sossoukpè, réfugié politique au Togo depuis 2019, est détenu depuis plus d’une semaine dans une prison de Ouidah, au Bénin. Son arrestation fait suite à une extradition controversée par la Côte d’Ivoire, survenue lors de sa participation à un forum sur l’innovation numérique à Abidjan le 13 juillet 2025.
Cette affaire suscite une vive inquiétude au sein de Reporters sans frontières (RSF). Selon Sadibou Marong, directeur du bureau Afrique de RSF, tout porte à croire que le journaliste a été victime d’un traquenard organisé sous couvert d’une invitation officielle du ministère ivoirien de la Transition numérique. Sossoukpè, directeur du média d’investigation Olofofo, avait été convié à l’événement en tant que « journaliste reconnu de la sous-région », selon les propres termes du ministère. «On peut parler d’un piège tendu dans un cadre professionnel. C’est une opération d’une extrême gravité, d’autant plus qu’il s’agit d’un réfugié politique », déplore Sadibou Marong sur les ondes de RFI.
L’ONG soupçonne une implication directe des autorités ivoiriennes, qui auraient été consultées et auraient donné leur aval à cette extradition. Ce geste marque, selon RSF, un recul préoccupant pour la liberté de la presse dans la région, et particulièrement en Côte d’Ivoire.
À l’approche de l’élection présidentielle d’octobre 2025, ce climat de tension inquiète. RSF évoque des pressions croissantes sur les journalistes, notamment ceux de la presse internationale.
La Côte d’Ivoire pourrait-elle être tenue pour responsable de ce qu’il adviendra de Sossoukpè ? RSF laisse entendre que oui, soulignant que livrer un réfugié politique est une ligne rouge franchie.
Djah OPELY












