@informateur.ci- Candidat à la présidentielle de 2025, Assalé Tiémoko Antoine critique le système de parrainage citoyen en Côte d’Ivoire, le qualifiant de complexe, injuste et antidémocratique. Il appelle à son annulation par la Cour de justice de la CEDEAO.
Candidat déclaré à l’élection présidentielle de 2025 en Côte d’Ivoire, le député-maire de Tiassalé, Assalé Tiémoko Antoine, s’est exprimé de manière critique sur le dispositif de parrainage citoyen instauré dans le processus électoral ivoirien. Selon lui, ce système constitue un obstacle technique et institutionnel majeur à la candidature des personnalités issues de partis émergents ou indépendants.
« Même les techniciens de la Commission électorale indépendante (CEI) peinent à en expliquer les contours », a-t-il affirmé, au lendemain d’une séance d’information organisée par l’institution, à laquelle ont pris part les grandes formations politiques du pays.
Pour Assalé Tiémoko, le parrainage citoyen est une manœuvre subtile initiée par les partis dominants afin d’écarter les concurrents jugés peu menaçants. C’est la raison pour laquelle, souligne-t-il, aucun des grands partis ne s’est opposé à cette réforme, puisqu’ils bénéficient d’une implantation nationale suffisante pour satisfaire aux exigences du dispositif.
Déjà en 2020, en tant que journaliste, Assalé dénonçait le caractère flou et impraticable de ce système. En 2025, son analyse reste la même : le problème ne se limite pas au seuil requis de 1 % du corps électoral dans 16 régions et un district autonome, mais à la logistique kafkaïenne qui rend son exécution presque impossible pour un candidat isolé.« Ce parrainage est conçu pour disqualifier, même ceux qui parviennent à obtenir les signatures nécessaires peuvent être recalés sans explication claire. »
Le candidat rappelle que la Cour de justice de la CEDEAO a annulé un dispositif similaire au Sénégal en 2021, jugeant qu’il portait atteinte aux principes démocratiques. En ce sens, plusieurs organisations ivoiriennes ont saisi la même Cour pour contester la légalité du parrainage en Côte d’Ivoire. Une décision est attendue dans les prochains mois.
Assalé Tiémoko alerte également sur le risque d’instrumentalisation politique, dans un pays où l’analphabétisme et les clivages identitaires restent très présents. Il s’inquiète enfin de l’ajout de peines de prison au dispositif, qu’il juge disproportionné et dangereux.
Il conclut par un appel à l’annulation de ce système, qu’il considère antidémocratique et contraire aux principes d’égalité de traitement entre les candidats.
Yannick KOBO





