@informateur.ci- L’huile de palme s’impose comme l’une des principales cultures d’exportation de la Côte d’Ivoire, aux côtés du cacao et du coton. Dans un espace ouest-africain marqué par une forte interdépendance économique, le Burkina Faso et le Mali jouent un rôle clé dans la dynamique commerciale de cette denrée stratégique, faisant du trio ivoirien-burkinabè-malien le moteur du marché régional.
Selon les données douanières, la Côte d’Ivoire, premier exportateur d’huile de palme en Afrique de l’Ouest, a exporté en 2024 pour 43,9 milliards FCFA vers le Burkina Faso et 46,2 milliards FCFA vers le Mali. À eux seuls, Ouagadougou et Bamako ont absorbé plus de 47 % des exportations ivoiriennes, pour une valeur cumulée de 90,1 milliards FCFA, sur un total régional estimé à 188,6 milliards FCFA.
Cette forte dépendance s’inscrit dans une tendance structurelle observée depuis près de dix ans. Entre 2015 et 2024, les importations burkinabè d’huile de palme ivoirienne ont plus que triplé, tandis que celles du Mali ont quasiment doublé. Une progression portée par la croissance démographique, l’urbanisation et l’évolution des habitudes alimentaires, l’huile de palme occupant une place centrale dans la consommation quotidienne, aux côtés des huiles de karité, d’arachide et de coton.
Faute de conditions agroclimatiques favorables à une production locale à grande échelle, le recours aux importations demeure indispensable pour ces pays, tant pour l’alimentation que pour les usages industriels, notamment la fabrication de savons, de cosmétiques et de produits de première nécessité. Dans ce contexte, la Côte d’Ivoire s’est imposée comme un fournisseur naturel, grâce à sa proximité géographique, à l’intégration au sein de l’UEMOA et à la relative fluidité des échanges commerciaux.
Cette position est renforcée par la montée en puissance de la production ivoirienne depuis la fin des années 2010. D’après l’USDA, les exportations d’huile de palme brute ivoirienne sont passées de 163 000 tonnes en 2016 à près de 300 000 tonnes en 2021. Une progression qui consolide le rôle d’Abidjan comme hub régional, avec plus de 60 % de ses expéditions destinées aux marchés ouest-africains.
Yannick KOBO





