Ce vendredi 09 décembre, 2ème et dernier jour de l’atelier qu’elle organise depuis le jeudi 08 pour le renforcement des capacités de ses membres, au siège de la Conférence Episcopale Régionale de l’Afrique de l’Ouest (CERAO) aux II Plateaux, la Confédération des Organisations des Victimes de la Crise Ivoirienne (COVICI) a renouvelé ses instances dirigeantes au terme des travaux qui ont marqué cette activité majeure pour cette jeune structure. Après que quitus a été donné au Conseil d’Administration sortant, le Comité d’organisation a fait connaître les listes en lice. Une seule liste a été enregistrée à cette Assemblée Générale Ordinaire, la première de la COVICI. Dirigée par Anon Chris Simplice, la liste Unir n’a donc rencontré aucune difficulté pour se faire élire par acclamations. Le nouveau Pca et son bureau ont été investis séance tenante à la grande satisfaction de leurs mandants.
Pour clore l’atelier, le Conseil d’Administration nouvellement élu a organisé une conférence de presse pour situer les uns et les autres sur les problèmes que rencontre la structure mais aussi pour exprimer ses attentes et ses préoccupations. Au titre des problèmes, il est ressorti des propos des nouveaux responsables une litanie de griefs à l’encontre du gouvernement et des structures étatiques en charge de la question des victimes. On retiendra pour l’essentiel que les organisations de victimes n’ont jamais été associées au processus d’indemnisation des victimes. «A l’image du gouvernement, les structures étatiques en charge des questions de victimes n’ont jamais collaboré franchement avec les associations de victimes. Comment l’Etat peut-il ignorer les responsables d’associations de victimes dans la mise en place des structures des victimes de guerre ?», s’est plaint Anon Chris Simplice. Il s’est aussi interrogé sur la réalité des 4500 victimes que le gouvernement aurait indemnisées. Aussi, demande-t-il la publication de la liste des bénéficiaires. «La non publication de la liste des 4500 victimes et l’indemnisation au compte-gouttes jettent un sérieux doute sur l’existence de cette liste», a-t-il lancé. Quant aux attentes et préoccupations, elles tournent majoritairement autour de la prise en compte de la majorité des victimes estimées à plus de 300 000. Le 1er vice-président Kanté n’a pas caché son pessimisme face à cette situation. « Si en 2 ans, on a indemnisé 4500 victimes, en quelle année, finira-t-on d’indemniser les 300 000 victimes recensées ? », s’est-il demandé. Le Pca Anon Chris est revenu à la charge pour mettre en exergue le caractère éminemment important de la question de la réparation. «La réparation est au cœur du processus de réconciliation. Tant qu’on n’essuiera pas les larmes de la veuve et de l’orphelin, il sera difficile d’aller de l’avant», a-t-il rappelé. Pour lui, le législateur devrait se saisir de la question pour voter une loi sur la réparation. « Il faut une réparation équitable et sans discrimination. Au surplus, une loi sur la réparation doit être votée. Cette question ne peut être laissée à la seule volonté du président Alassane Ouattara», a-t-il souhaité. Il s’est ensuite félicité de l’appui et du soutien de structures non étatiques ; notamment, l’ONUCI, Marc Arthur Fondation, Trust Africa, Freedom House et surtout l’ICTJ dont il a chaleureusement remercié les responsables.
René Ambroise Tiétié












