@informateur.ci- Entre le Conseil du Café-cacao et l’Interprofession Café-cacao (OIA), le feu couve. En cause, l’appropriation par l’organe de régulation de la gestion exclusive de l’opération de rachat du stock résiduel du cacao invendu.
«Je pose une question. Est-ce qu’il est normal, est-ce qu’il est bienséant, ou bien est-ce que quelqu’un qui a nié une situation hier, peut bien gérer cette situation qu’il a niée. Le Conseil du Café-Cacao qui a dit hier qu’il n’y a pas de blocage de cacao. Qui a dit mordicus devant les médias internationaux, devant l’opinion nationale et internationale qu’il n’y a pas de crise de cacao. Que ceux qui le disent font preuve de mauvaise foi, il n’en est rien tout se passe tranquillement, tout est bien tout est propre. Mais dès lors que les 280 milliards FCFA sont décaissés, ce même DG du Conseil Café-Cacao, il n’y a que lui seul qui va gérer cette situation. Est-ce qu’on est sûr que le problème va être bien géré ?».
- De la négation à l’évidence
Ces interrogations ont été posées par Thibaut Yoro, administrateur au sein de l’organisation interprofessionnelle du Café-cacao (OIA) dans l’une des plateformes d’échanges des producteurs dont nous avons obtenu copie de l’audio. Pour la pertinence de ces interrogations, c’en est une. Mais le nouvel administrateur de l’OIA n’a pas fait que soulever des questions. Il y a répondu: «Non ! Je peux me tromper mais il n’est pas mieux placé pour gérer cette situation qu’il a niée».
« Si nous croyons que des gens qui ont l’habitude de gérer seuls, peuvent nous laisser aussi facilement venir implémenter des solutions qui viennent de nous, je ne crois pas »
De fait, Thibaut Yoro a dit tout haut ce que beaucoup disent bas. Il estime que c’est à ceux qui ont soutenu qu’il y avait un problème, ceux qui ont alerté, en l’occurrence l’OIA qui regorge en son sein la chaîne de valeur, qu’il revenait de droit de gérer cette crise de cacao. «Parce qu’elle regorge, poursuivra-t-il, en son sein des transformateurs, les exportateurs, des commerçants et des producteurs, c’est elle qui est mieux placée pour gérer cette crise».
Il ajoute un détail important : «Encore que le Chef de l’Etat qui a donné cet argent dit que le seul interlocuteur c’est l’OIA. Dès lors, il n’y avait plus d’ambiguïté en la matière. Il revenait à l’OIA de gérer et de coordonner la situation sur le terrain à travers ses délégués régionaux et départementaux».
- Du manque de transparence
Pour Thibaut Yoro, il ne faudrait pas que ‘’l’OIA-Café-cacao soit traitée comme un sous-département ou un sous-service du Conseil du Café-Cacao’’.Or constate-t-il : «A voir le DG du Conseil du Café-Cacao traité avec l’OIA-Café-Cacao, il me semble qu’il pense que l’OIA est un sous-service du Conseil Café-Cacao. C’est lui qui dicte sa vision et son orientation et l’OIA doit aller dans ce sens. Pour ma part, à moins que je ne me trompe, ce n’est pas comme ça».
«Pour des questions de bonnes gouvernances et de transparence, surtout quand il s’agit d’argent public, celui qui gère ne doit pas être le même qui doit s’auditer, ce n’est pas le même qui doit se surveiller. Il doit y avoir un comité de surveillance qui veille sur les règles que l’on a définies. Est-ce que le Conseil s’est concerté avec l’OIA-Café-cacao, je dis non. Le Conseil a décidé seul et nous devons subir. C’est pourtant le Conseil qui a créé la situation dans laquelle nous sommes aujourd’hui», estime Thibaut Yoro.
- Le CCC seul responsable de la crise du cacao
En continuant, Thibaut Yoro rappelle les circonstances de la création de l’OIA, soulignant que l’équipe a lutté contre les obstacles pour atteindre cet objectif. «Beaucoup de coups bas ont été évités jusqu’à ce que nous soyons là aujourd’hui. L’OIA ne nous a pas été donnée sur un plateau d’or, nous nous sommes battus, chacun à son niveau, et nous devrons encore nous battre. Si nous croyons que des gens qui ont l’habitude de gérer seuls, peuvent nous laisser aussi facilement venir implémenter des solutions qui viennent de nous, je ne crois pas», a-t-il conclu.
A l’analyse de l’exposé de la situation faite par cet administrateur proche du président Siaka Diakité, on peut dire qu’entre le Conseil du Café-Cacao et l’OIA-Café-Cacao la ligne de crête se dessine. Les jours à venir vont certainement mettre davantage au grand jour le malaise ambiant entre ces deux structures de la filière Café-cacao.
Jean François FALL













