@informateur.ci- Les organisateurs de la journée d’hommage des producteurs de Café-cacao au président Alassane Ouattara, le 6 juillet 2024, à la Place Jean-Paul II de Yamoussoukro peuvent s’estimer heureux aujourd’hui d’avoir poussé d’une manière ou d’une autre le Chef de l’Etat à briguer un 4é mandat présidentiel en Côte d’Ivoire. En surprenant tout le monde ce jour-là par l’annonce, à la consternation générale, et la remise d’un chèque de 50 millions FCFA au nom des producteurs de café-cacao au Premier ministre, Robert Beugré Mambé, pour le paiement de la caution de la candidature du président Alassane Ouattara à l’élection Présidentielle de 2025, ces acteurs, aujourd’hui à la tête de l’Organisation nationale des producteurs de Café-cacao (ONPCC-CI) ne peuvent se défendre de faire de la politique.
Car, à la vérité, le paiement de cette caution annoncée sans concertation avec les pauvres producteurs qui avaient été convoyés à la Place Jean-Paul II, comme du bétail pour garantir une forte mobilisation, était le début du lancement d’un plan d’action visant à prendre le contrôle de la filière Café-cacao à travers l’interprofession. La preuve, après s’être constitués légalement dans la précipitation fin décembre 2024, en plein processus de mise en place de l’interprofession Café-cacao, ils sont parvenus à leurs fins le 7 juillet 2025.
Malheureusement, les choses se sont passées autrement, consacrant le parachutage d’une organisation née officiellement dans la filière il y a à peine 8 mois. Assurément, la mise en place de l’interprofession Café-cacao telle qu’elle se présente risque de déboucher sur une crise de légitimité. La filière, autant le dire, n’est pas sortie de l’auberge.
Faut-il le rappeler, c’est sur la base et la foi du rapport final de l’audit du Cabinet Jad’Expertise que l’ONPCC-CI a été créditée d’une représentativité qui a surpassé celle des autres organisations, avec 676.994 membres représentant 63,12 % des producteurs nationaux, et un volume de production totalisant 1.112.281 tonnes, soit 53,47 % du volume national de café et de cacao. Au-delà du seuil des 50 % de représentativité imposés par les règles, aussi bien en termes de nombre de producteurs que de volume de production. Après moins de 8 mois d’existence.
Toujours est-il que ces conclusions suscitent des grincements de dents dans la filière. Certains se demandent comment une structure qui n’a même pas 8 mois d’existence peut avoir obtenu une telle représentativité à moins que celle-ci ne soit purement théorique? D’autres encore cherchent à comprendre comment le Cabinet Jad’Expertise a pu vérifier les données de 676.994 producteurs en moins de dix jours dans les 13 régions de productions de Café-cacao. Les questionnements ne manquent pas.
Dans la foulée, la plupart des acteurs et membres des organisations agricoles, estiment que seul le Conseil du Café-cacao était la structure la mieux habilitée à installer cette OIA de façon légitime. Ceux-là estiment que le Conseil disposant des bases de données des coopératives et des tonnages de commercialisation, sur cette base, le collègue des producteurs aurait pu être mis en place au prorata par région. L’on aurait ainsi eu affaire à des chiffres et des données plus fiables et incontestables.
Malheureusement, les choses se sont passées autrement, consacrant le parachutage d’une organisation née officiellement dans la filière il y a à peine 8 mois. Assurément, la mise en place de l’interprofession Café-cacao telle qu’elle se présente risque de déboucher sur une crise de légitimité. La filière, autant le dire, n’est pas sortie de l’auberge.
Jean-François FALL





