@informateur.ci- Après le décès d’Alain Christophe Traoré dit Alino Faso en détention dans sa chambre à l’Ecole de gendarmerie d’Abidjan le 24 juillet 2025, les constatations du médecin légiste requis par le Procureur de la République ont conclu à la mort par pendaison au moyen de son drap de lit. L’homme, dit-on, était détenu depuis quelque temps suite à des accusations « d’intelligence avec des agents étrangers » manœuvrant contre la Côte d’Ivoire à des fins de déstabilisation du pays. C’est la version officielle livrée par le Procureur de la République qui a indiqué qu’ une enquête est en cours sur cette affaire, pour élucider les faits.

Par-delà les circonstances de la mort de ce dernier, de grandes figures de la musique et du showbiz ivoirien et burkinabè lui ont rendu un vibrant hommage. Ce qui n’a pas manqué de soulever une question. La moralité et les intentions de l’homme, qui n’a malheureusement pas eu le temps de donner sa version des faits quant aux accusations portées contre lui, étaient-elles aussi douteuses que les autorités ont voulu le faire croire?
Hélas, Alino n’a pas eu l’occasion de dire sa part de vérité sur les faits qui lui étaient reprochés. En détention préventive, il n’a pas pu bénéficier d’un procès qui l’aurait blanchi ou qui aurait établi les faits allégués contre lui
Sans vouloir interférer dans la procédure judiciaire qui avait été engagée contre Alain Christophe Traoré dit Alino Faso, on peut constater que ce dernier jouissait d’un regard positif et bienveillant de la part de leaders d’opinion du monde de la culture qui disent aujourd’hui beaucoup de bien de lui. D’Asalfo du groupe Magic system à Yodé et Siro en passant par Flobly, Smarty, et la cinéaste et productrice Appoline Traoré, pour ne citer que ceux-là, tous lui ont rendu un vibrant hommage sur leurs pages Méta A l’évidence, Alino Faso avait beaucoup d’amis qui lui vouaient respect, sympathie et amitié. Hélas il n’a pas eu l’occasion de dire sa part de vérité sur les faits qui lui étaient reprochés. En détention préventive, il n’a pas pu bénéficier d’un procès qui l’aurait blanchi ou qui aurait établi les faits allégués contre lui.

Avec son décès, l’action publique s’est éteinte au niveau de la justice. Il ne sera donc jamais jugé. Il part avec son lourd bagage de non-dits, mais avec les prières en sa mémoire et les hommages de ceux qui l’ont apprécié et aimé. Peut-être un jour en saurons-nous davantage. Que la terre des hommes intègres soit légère à Alain Christophe Traoré dit Alino Faso dont la dépouille mortelle sera bientôt rendue au Burkina.
Alexandre LEBEL













