‘@Informateur.info- Fofana Youssouf, Conseiller du président de l’Assemblée nationale en charge de la diplomatie est mêlé à une affaire d’escroquerie et d’abus de confiance portant sur la Somme de 60 millions FCFA au préjudice d’Alassane Ouédraogo, opérateur économique burkinabé, résidant au Burkina Faso. Les faits.
L’affaire remonte à 2016 quand l’opérateur économique burkinabè, par ailleurs, Consul Honoraire de l’Ambassade de Côte d’Ivoire près le Burkina Faso et la République du Niger fait la connaissance de Fofana Youssouf. A l’occasion de leurs différents échanges, M. Ouédraogo informe Fofana Youssouf de sa volonté d’obtenir un financement pour l’exécution d’un projet immobilier à usage d’hôtel à Ouagadougou, évalué à 10.600. 000.000 (dix milliards six cent millions) FCFA.
Selon les dires d’Alassane Ouédraogo, son interlocuteur sollicite et obtient de lui, le versement d’un montant de 60.000.000 FCFA pour selon lui (Fofana Youssouf) « faciliter l’obtention du financement attendu » auprès des « partenaires financiers ». Le 10 juin 2016, Youssouf Fofana reconnaît « avoir reçu la somme de 60 millions de FCFA de M. Alassane Ouédraogo dans le cadre de notre accord de principe », écrit-il dans une décharge de reconnaissance portant sa signature.
- Les faits remontent à 2016
Depuis lors, Alassane Ouédraogo soutient n’avoir jamais été « mis en relation avec un quelconque partenaire financier » par l’entremise de M. Fofana et par conséquent il n’a obtenu « aucun financement » jusqu’à ce jour, pour l’exécution de son projet immobilier. « Il avait même disparu de la circulation après de nombreuses relances infructueuses pour entrer dans mes fonds jusqu’à l’élection du député de Séguéla, Amadou Soumahoro, à la tête de l’Assemblée nationale en mars 2019 qui le nomme Conseiller en charge de la diplomatie », relate l’opérateur économique burkinabé qui porte le différend devant M. Soumahoro.
« Nous avons été reçus par M. le président Amadou Soumahoro qui, très en colère, a demandé à son conseiller qui a reconnu les faits de faire le mieux pour régler cette affaire », fait remarquer Alassane Ouédraogo. Hélas, il ne s’exécutera jamais. Pourtant, le protocole d’accord transactionnel signé le 11 février 2020, devant un sénateur faisant office de « facilitateur », par les deux parties pour « mettre un terme aux conséquences civiles » qui les oppose est explicite.
« Monsieur Fofana Youssouf reconnaît devoir à Monsieur Alassane Ouédraogo la Somme totale de 60.000.000 FCFA (…). Il s’engage à procéder au paiement de l’intégralité du montant de sa dette, soit la somme de 60.000.000 FCFA, à compter de la date de signature du présent protocole d’accord », lit-on dans le document.
- Fofana Youssouf convoqué devant le juge
A cet effet, poursuit le protocole d’accord, « M. Fofana Youssouf s’engage à céder immédiatement son véhicule de marque Vokswagen Touareg immatriculé 5324 ES 01 à M. Alassane Ouédraogo« . Ce véhicule étant estimé à 10.000.000 FCFA, le reliquat de la créance que reste devoir M. Fofana est ramené à 50.000.000 FCFA, précise l’accord.
En outre, le débiteur s’engage à régler « mensuellement la Somme de 2.000.000 FCFA entre les mains de M. Alassane Ouédraogo jusqu’à l’apurement de l’intégralité du reliquat du montant de sa créance« . Pour garantir la bonne exécution de ses engagements, « Youssouf Fofana autorise immédiatement l’Assemblée nationale de Côte d’Ivoire à prélever le montant de 2.000.000 FCFA par mois sur sa rémunération mensuelle au titre de ses fonctions de Conseiller Diplomatique du président de l’Assemblée nationale de Côte d’Ivoire et le reverser directement à M. Alassane Ouédraogo », stipule encore le protocole d’accord transactionnel. Le facilitateur, lui, s’engage à « accomplir toutes les diligences nécessaires auprès de M. Fofana Youssouf à l’effet de garantir la bonne exécution des engagements du débiteur au titre du présent accord« , informe, également, le document.
Quatre mois après cet accord transactionnel, Youssouf Fofana n’a tenu à aucun des engagements. Se sentant abusé, Alassane Ouédraogo a porté l’affaire devant le Tribunal d’Abidjan où il a déposé une plainte contre Youssouf Fofana pour des « faits d’escroquerie et d’abus de confiance » devant le Juge du 1er Cabinet d’instruction qui l’entendra, le vendredi 12 juin 2020
- La version de l’accusé et de son avocat
Joint au téléphone, ce jeudi 11 juin à 12h 12, pour recueillir sa version des faits, M. Fofana a répondu « ne pas se reconnaître dans les faits et ne connais même pas M. Alassane Ouédraogo » avant de nous renvoyer à son avocat. Coup de théâtre! Ce dernier, Me Evariste Ohinché, joint deux minutes plus tard, désavoue son client. « Oui, je suis bien le Conseil de M. Youssouf Fofana dans le cadre de cette affaire« , reconnaît-il avant de préciser: « Ce dossier dont j’ai la charge, met deux victimes comme tant d’autres, dans une affaire qui n’a pas marché ». Pour lui, il est indécent que l’un poursuive l’autre alors que tous les deux ont perdu de l’argent dans l’affaire. «Nous allons mener la bataille judiciaire parce que j’estime que mon client mon client aussi est victime», admet Me Ohinché.
Selon le conseil de Youssouf Fofana qui dit « contester les documents et accords signés » avant qu’il n’hérite de ce dossier « sensible », son client est victime d’une machination. « L’adversaire estime que de par la position de mon client, il faut l’affaiblir parce que des perspectives s’ouvrent pour lui. Nous mènerons donc cette bataille judiciaire car des personnalités comme la sœur de la première Dame du Tchad sont impliquées. C’est un dossier sensible avec lequel il ne faut pas jouer », insiste Me Evariste Ohinché. Affaire à suivre donc.
Géneviève MADINA














