@informateur- En Côte d’Ivoire, aucun parti au pouvoir n’a échappé, à travers les décennies, à ce procès vieux comme la République : l’utilisation des fonds publics et des moyens de l’Etat pour le financement des activités politiques. Pendant la longue crise politico-militaire, même les cadres de l’opposition qui ont la chance d’occuper des postes ministériels dans les gouvernements de réconciliation nationale et des fonctions importantes dans des Institutions et structures de l’Etat ont eux aussi souvent été visés par ces accusations. Ce qui pose le problème du financement public des partis politiques.
La démocratie, il faut le dire, a un coût financier. Pour pouvoir participer sainement au libre jeu démocratique, les partis et formations politiques doivent avoir les moyens de mener leurs activités. C’est ce principe qui justifie la subvention publique qui leur est allouée, proportionnellement à leur représentativité à l’Assemblée nationale notamment. Mais que se passe-t-il quand le financement public des partis politiques n’est pas disponible? Où les partis politiques, qu’ils soient au pouvoir ou dans l’opposition, trouvent-ils les ressources financières pour mener leurs activités et battre campagne en période électorale quand ils ne reçoivent pas la subvention de l’Etat conformément aux textes qui en fixent le cadre?
Ici apparaissent les soupçons de détournement de deniers publics. L’utilisation des véhicules, de la logistique et des fonds de l’Etat pour des missions, visites et tournées à travers le pays par des personnalités et hauts responsables dans le cadre de leurs fonctions, qui semblent souvent être transformées en tribune politique, fait souvent débat en Côte d’Ivoire.
Au demeurant, un parti politique au pouvoir pourrait-il sanctionner un de ses cadres qui a puisé les caisses publiques pour financer les activités dudit parti? La réponse n’est pas évidente. Un autre aspect du problème est le blocage du financement public des partis politiques de l’opposition qui y ont droit. La question a été l’un des points soumis à débat lors du dernier dialogue politique. Le président Henri Konan Bédié, alors à la tête de la coalition des partis de l’opposition, avait posé le problème en son temps. Le fait que l’opposition n’en parle plus signifierait-il que la question a été réglée? L’argent, on le sait, n’aime pas le bruit…
Quoi qu’il en soit, à l’amorce de cette année électorale 2025, il faut souhaiter que le financement public des partis et formations politiques ivoirienne trouve une solution durable, pour que les ministères, institutions et structures de l’Etat ne soient plus regardés comme des »caisses noires » des partis politiques voire du pouvoir. Il y va de la bonne gouvernance et du respect du libre jeu démocratique.
KKM/informateur.ci












