‘@Informateur.info- Le processus électoral enclenché en Côte d’Ivoire depuis pratiquement l’annonce-volte-face, le 6 août dernier, du président Alassane Ouattara de briguer un 3é mandat, et dont le pic sera atteint le 31 octobre prochain où l’on assistera à une élection sous haute sécurité, aura mis à rude épreuve les services de renseignements généraux ivoiriens.
L’un des moyens de surveillances des conversations, très usité, par les services de renseignement généraux, les écoutes téléphoniques illégales ont été renforcées ces derniers mois en Côte d’Ivoire en raison du climat politique délétère.
Si en temps normal cette pratique de surveillance des administrés par l’Etat nécessite des autorisations judiciaires préalables, force est de reconnaitre que le contexte préélectoral, a servi et continue de servir depuis un moment de prétexte à différentes formes de surveillance.
Ecoute téléphonique, filature, les renseignements militaires, policiers et de la gendarmerie auront été minutieusement exploités par les composantes des services de renseignement généraux ivoiriens, ces derniers mois, en vue de détecter d’éventuelles activités criminelles ou subversives. Surtout dans un contexte où l’opposition politique défie publiquement le gouvernement cornaqué par Alassane Ouattara. La légalité des moyens que l’on utile importe peu, seul le résultat compte.
- La traite des informateurs
«C’est la traite des informateurs qui sont rémunérés en fonction de la pertinence des informations qu’ils livrent», explique un officier qui a requis l’anonymat. Selon ce dernier, les grandes oreilles ont été très réceptives ces derniers mois des informations militaires et celles émanant des leaders politiques où ils ont des informateurs dans chaque parti politique. «Ces informations sont utiles pour garantir la sureté de l’Etat», commente notre source. Et pour garantir sa survie, à en croire nos sources, l’Etat n’a pas lésiné sur les moyens financiers pour s’assurer d’une collecte massive et qualitative des informations.
Quand le président Alassane Ouattara, intervenant sur France 24, annonce détenir des preuves de ce que son opposition mènerait des activités criminelles pour lesquelles la justice sera activée après la présidentielle, ces présumées preuves ne peuvent provenir que de l’activisme des services de renseignements ; qui épient jour et nuit la vie des citoyens au service de la République.
Mais qu’en est-il de la moralité des acteurs de ce service inféodé au régime et tenu par l’anonymat et la confidentialité? Quel recours pour un justiciable, victime d’un montage ou d’une éventuelle instrumentalisation de ce service? Ce sont là des questions qui doivent interpeller le législateur et les défenseurs des droits de l’homme et des libertés individuelles.
Jean François FALL












