@informateur- La nouvelle, annoncée à travers un communiqué, par le Général de Corps d’Armée Lassina Doumbia, Chef d’état-major général des Armées de Côte d’ Ivoire, a secoué les Ivoiriens le mardi 14 janvier 2025. Dans le cadre de l’opération » Verrou 322 » menée par les Forces de défense et de sécurité ivoiriennes et les corps paramilitaires et dont l’objectif est de combattre la fuite des produits gricoles vers des pays frontaliers, un vaste réseau impliquant des autorités administratives et militaires a été démantelé.
Selon le communiqué de l’état-major général des armées : « Les investigations ont révélé la complicité et l’implication d’autorités administratives et militaires dans l’exportation illicite de ces produits vers un pays voisin ». Aussitôt : « des sanctions administratives ont été immédiatement prises à l’encontre de ces personnes par leurs différentes hiérarchies, sans préjudice de poursuites pénales». Il s’agit du Préfet du département de Sipilou, du Commissaire de police de ladite ville, du chef du Détachement des FACI, du Commandant de la brigade de gendarmerie et le chef de bureau des Douanes qui ont été immédiatement relevés de leurs fonctions.
Mais ce n’est pas tout. Les enquêtes se poursuivent afin de démanteler tous les réseaux sur l’ensemble du territoire national, a fait savoir le Général de corps d’Armée Lassina Doumbia dans le communiqué.
– Ces villes où la fuite du cacao s’organise
Selon nos informations , une rencontre aurait eu lieu entre les autorités de Sipilou révoquées et les trafiquants impliqués dans l’opération, pour déterminer les quotas à verser à chacun. Mais, manque de pot pour eux, le contenu de la rencontre a fuité et les autorités ministérielles ont été informées. Les choses se sont enchaînées et les sanctions ont été prises.
En attendant de plus amples informations sur cette affaire, ces faits graves montrent l’ampleur du phénomène de la fuite du cacao ivoirien vers les pays frontaliers, par le truchement de trafiquants qui bénéficient de complicité à plusieurs niveaux. Selon les informations que des sources nous ont livrées, les zones et villes où l’évasion du cacao s’organise sont bien connues. Ce sont principalement Biankouma, Danané, Sipilou, Touba, Toulepleu, Zouan-Hounien, entre autres. On estime à plus d’un millier de tonnes le cacao qui sort chaque jour de ces villes, par des circuits et des pistes avec généralement la complicité des forces de sécurité.
Faut-il le dire, les énormes profits financiers que réalisent les contrebandiers leur permettent de corrompre très facilement les forces de sécurité qui, en retour, ferment les yeux sur ce phénomène. La stratégie des trafiquants est bien rodée sur le terrain. Ils opèrent à motos pour regrouper les produits dans les hameaux les plus reculés avant de les convoyer vers la Guinée où les prix, dans un système de libéralisation, sont de fait plus rémunérateurs qu’en Côte d’Ivoire. Et il faut dire que les trafiquants raflent la mise : par exemple sur un chargement de 40 tonnes, la marge bénéficiaire qu’ils engrangent oscillent entre 30 et 50 millions de FCFA, contre seulement 2 à 3 millions au Port d’Abidjan et de San Pedro. Il est si difficile de tracer et retracer le parcours de ces trafiquants que les opérateurs du café-cacao préconisent que l’armée ivoirienne ait désormais recours à des drones de surveillance pour traquer les contrebandiers, afin de démanteler les réseaux.
KKM/informateur.ci












