@informateur.ci- Deux semaines jour pour jour, ce jeudi 12 février 2026, après que le Conseil du Café-Cacao (CCC) a lancé officiellement l’opération de rachat du stock résiduel du cacao invendu, force est de reconnaître que rien n’avance comme l’espéraient les producteurs. Selon une source proche du CCC, plus de 95% des Sociétés Coopératives de cacao dans les 13 régions de production, en possession de stocks inventoriés, n’ont pas encore déchargé un seul camion. Une fâcheuse réalité qui questionne la capacité de l’organe de régulation et Transcao à déstocker les magasins bondés des sociétés coopératives.
De fait, en deux semaines, seule une poignée, environ 5 sociétés coopératives par région ont pu décharger chacune un camion à Transcao à Abidjan et sont pour la plupart en attente de paiement après la remise des chèques barrés. Des paiements qui devraient logiquement se faire sans tarder en raison de la situation intenable des producteurs. Que représente un chargement de 40 tonnes enlevé à une coopérative qui en compte 600, 700, ou plus de 1000 ? Inutile de dire que c’est une goutte d’eau dans la mer.
Si ce rythme se maintient, l’on court le risque de se retrouver au 31 mars (fin de la grande traite) avec moins de la moitié du stock résiduel rachetée.
De fait, selon nos informations corroborées par une source anonyme au sein de Transcao, en deux semaines, ce sont moins de 400 chargements de 40 tonnes de cacao qui ont été enlevés soit moins 16.000 tonnes sur 123.000 de prévues. A ce rythme, à fin février, le Conseil du Café-Cacao n’aura même pas racheté 35.000 tonnes. Et si ce rythme se maintient, l’on court le risque de se retrouver au 31 mars (fin de la grande traite) avec moins de la moitié du stock résiduel rachetée. Ce qui serait dramatique pour les sociétés coopératives qui se retrouveraient toujours avec des stocks achetés au prix fort de 2800 FCFA le kg entre les mains.
Il faut à tout prix éviter que cela n’arrive. Et pour ce faire, il faut songer rapidement à une autre alternative en concertation avec les vrais acteurs de la filière. Le comble est que le chiffre de 123.000 tonnes inventoriées en mi-janvier et pour lequel l’Etat a déboursé 280 milliards FCFA pour l’opération de rachat ne correspond plus à la réalité. Ce chiffre est caduc dans la mesure où chaque jour, le cacao continue de sortir des champs et de s’entasser chez les producteurs.
Ce serait encore plus dommageable pour l’image du chef de l’Etat, Alassane Ouattara, qu’après avoir cotisé pour payer sa caution lors de la présidentielle, les producteurs de cacao soient obligés de descendre dans les rues pour protester contre le blocage de la commercialisation.
Se focaliser donc sur les 123.000 tonnes de cacao comme si la campagne cacaoyère commençait le 1er octobre et s’achevait à la mi-janvier est une grave erreur. Puisque la campagne, du moins la grande traite, court jusqu’au 31 mars. Quid du cacao produit entre la mi-janvier et le 31 mars? Allez-y comprendre ! Sur ce sujet, le Conseil Café-Cacao a choisi de se taire. Sans doute pour éviter de se faire hara kiri dans un contexte où il est déjà accusé, à raison, d’avoir créé de toute pièce la crise actuelle.
Mais le producteur qui accuse le coup et dont la survie est menacée n’a pas à se taire. Sa voix doit être entendue! C’est une question de vie ou de mort! Et ce serait encore plus dommageable pour l’image du chef de l’Etat, Alassane Ouattara, qu’après avoir cotisé pour payer sa caution lors de la présidentielle, les producteurs de cacao soient obligés de descendre dans les rues pour protester contre le blocage de la commercialisation.
Jean François FALL













