@informateur.ci- Le Kenya est confronté à l’un des procès les plus retentissants de son histoire récente. Paul Nthenge Mackenzie, chef d’une secte apocalyptique, a été reconnu coupable du meurtre de 191 personnes, dont 190 enfants. Vingt-huit autres responsables de son mouvement ont également été déclarés coupables.
Le verdict intervient dans le cadre de l’affaire de la forêt de Shakahola, où plus de 400 corps avaient été découverts dans des tombes peu profondes après l’arrestation de Paul Mackenzie en 2023. Le pasteur aurait convaincu ses fidèles de rejoindre cette zone isolée, près de la côte kényane, et d’y suivre des pratiques extrêmes fondées notamment sur le jeûne.
Selon les éléments présentés devant la justice, Mackenzie aurait ordonné aux parents d’affamer leurs enfants afin qu’ils puissent, selon sa doctrine, « rencontrer Jésus ». L’éducation était présentée comme interdite et la médecine moderne comme contraire aux enseignements religieux. Ses disciples le considéraient comme le « porte-parole de Jésus », selon la juge Diana Mochache.
Un ancien responsable de la sécurité de la secte, Enos Amanya Ngala, initialement poursuivi, a conclu un accord de plaidoyer et témoigné contre les accusés. Selon son témoignage, les personnes qui refusaient de jeûner pouvaient être contraintes par la violence.
Les pratiques funéraires du groupe étaient également marquées par cette idéologie. Les enterrements étaient qualifiés de « mariages », les victimes étant considérées comme ayant « épousé Jésus ».
Paul Mackenzie avait fondé en 2003 le Good News International Ministries, qui avait connu une forte expansion au Kenya. Son mouvement disposait notamment d’une chaîne de télévision diffusant ses sermons. Ses prêches sur la fin des temps associaient l’éducation, les soins de santé et certaines technologies modernes à des pratiques jugées maléfiques.
Après la fermeture de son église principale en 2019, Mackenzie s’était installé dans la forêt de Shakahola avec plusieurs adeptes. Les premières tombes ont été découvertes en mars 2023.
Le verdict concernant la peine de Paul Mackenzie doit être prononcé le 6 novembre. Le pasteur et plusieurs dirigeants font également face à d’autres poursuites, notamment pour terrorisme, radicalisation et privation d’éducation d’enfants.
Djah OPELY












