@informateur.ci- Ahoua Don Mello, candidat à l’élection présidentielle de 2025. En dépit de l’opposition de la direction du Parti des peuples africains Côte d’Ivoire (PPA-CI) qui a considéré cela comme un crime de lèse-majesté face à Gbagbo. Mais il ne s’est pas démonté. Au contraire, il affirme et assume ses ambitions présidentielles dans un univers où seul Gbagbo est roi. Faut-il vraiment s’en étonner ? En fait, seuls ceux qui ne connaissent pas l’homme se sont laissé surprendre par sa candidature. Mais qui est vraiment Ahoua Don Mello ? On le connaît comme un brillant technocrate qui a fait partie du cercle des intellectuels ayant pensé la stratégie de conquête du pouvoir du Front populaire ivoirien (FPI), avant la création du PPA-CI.
Né le 23 juin 1958 à Bongouanou, Ahoua Don Mello est un enseignant-chercheur qui s’est engagé en politique. Diplômé de l’Ecole nationale supérieur de travaux publics (ENSTP) en Côte d’Ivoire et de l’Ecole supérieure des ponts et chaussées de Paris, Ahoua Don Mello est membre du Parti communiste durant ses études en France, avant que son chemin ne rencontre celui de Gbagbo en 1983. Il intègre le FPI dès sa création. Mais malgré son attachement à l’idéal socialiste qu’il partage avec Gbagbo, il n’est pas homme à se laisser mener par le bout du nez. Esprit libre doté d’un fort caractère, il n’hésite pas à dire ses vérités à tous.
Si Don Mello est resté attaché aux idées et à la vision de Gauche de Gbagbo, il ne fait pas partie de ceux qui lui vouent un culte. Il n’a jamais été un ‘’ Gbagbo ou rien ‘’. Pour lui, on peut faire valoir des idées autres que celles du Woody de Mama, pourvu que celles-ci aillent dans le sens de la lutte commune.
La preuve, lorsque des divergences de vue surviennent entre lui et Gbagbo en 1996, il se démarque de la ligne originelle du FPI pour créer, en 1997, le courant ‘’ La Renaissance ‘’ qui va se muer quasiment en un parti politique autonome. Mais Gbagbo ne sous-estime pas son rôle et son apport au FPI. En 2000, il fait appelle à Don Mello pour être son conseiller au FPI. Après son élection à la présidence, Gbagbo le nomme Directeur général du Bureau National d’Etudes Techniques et de Développement (BNETD), avant d’occuper le poste de ministre de l’Equipement et de l’Assainissement en 2010-2011.
Hélas, après la chute du régime, Don Mello connaîtra lui aussi l’exil. En 2021, lorsque le président Gbagbo, de retour de la Cour pénale internationale (CPI), crée son nouveau parti, il fait à nouveau appel à Don Mello en qualité de Conseiller aux relations extérieures et Vice-président en charge de la promotion du panafricanisme jusqu’à son éviction après l’annonce de sa candidature. Il faut le dire, si Don Mello est resté attaché aux idées et à la vision de Gauche de Gbagbo, il ne fait pas partie de ceux qui lui vouent un culte. Il n’a jamais été un ‘’ Gbagbo ou rien ‘’. Pour lui, on peut faire valoir des idées autres que celles du Woody de Mama, pourvu que celles-ci aillent dans le sens de la lutte commune.
C’est pourquoi il a proposé une ‘’ candidature de précaution ‘’ en remplacement de celle de Laurent Gbagbo empêtré dans des affaires judiciaires. Et comme en 1996 à la création de ‘’ La Renaissance ‘’, il ne s’est pas rétracté malgré l’opposition de la direction PPA-CI à sa proposition. Il confirme et assume ses ambitions car il n’a jamais considéré que la seule figure présidentiable au PPACI soit le président Gbagbo. Cependant, le candidat Don Mello, 67 ans, reste dans sa ligne de Gauche. Il est candidat à la présidentielle pour l’avènement d’une Côte d’Ivoire nouvelle où un parti au pouvoir ne commettra plus de ‘’ dérives ‘’.
Maurice Konan KOUASSI












