@Informateur- Nabi Joachim, opérateur agricole à Man, fait partie de ces hommes self-made pour qui la solidarité et l’amour du prochain constituent la clé de voûte d’une réussite comme pour traduire les Saintes écritures qui affirment que « la main qui donne est au-dessus ». Portrait.
Né en 1981 à Salbisgo-Itraoré, dans la province de Koudougou au Burkina Faso, Nabi Joachim est arrivé en Côte d’Ivoire en 2002, à l’âge de 21 ans pour s’installer à Man, dans l’ouest ivoirien où il a été accueilli par un « grand frère ».
Métayer, pendant deux ans, dans les plantations agricoles de cet aîné, Nabi Joachim a volé, plus tard, de ses propres ailes, pour devenir aujourd’hui, un producteur prospère de cacao disposant une superficie de 50 ha de cette spéculation. « Je produis aujourd’hui 20 à 25 tonnes de fèves de cacao par an », soutient-il, fièrement. Cependant, ce père de famille, coutumièrement marié à deux femmes (une Burkinabè et une Ivoirienne, précise-t-il) a su développer d’autres activités génératrices de revenus.
Ainsi, outre l’exploitation agricole, M. Nabi est propriétaire de deux espaces gastronomiques, Pili-Pili et la Cave sis à Man ainsi qu’un débit de boisson dénommé « Ets Koswendé » à Ouagadougou au Burkina Faso. « Je ne suis pas allé loin à l’école mais Dieu a permis que je sois ce que je suis aujourd’hui par la force du travail. C’est sa volonté », confesse-t-il.
Et d’ajouter que: « Je reste attaché à la mère patrie. Mais la Côte d’Ivoire m’a tout donné ». C’est pourquoi, très intégré dans la région du Tonkpi à l’ouest ivoirien, Nabi Joachim fait de la cohésion sociale un sacerdoce. « En ma double qualité de chef de la communauté Burkinabè de Gbinnè dans la Sous-préfecture de Blapleu et chef central de la communauté burkinabè du canton Biakalé, mon devoir est de travailler au rapprochement des communautés burkinabè et ivoirienne dans la région du Tonkpi pour traduire dans les faits, le vivre-ensemble prôné par nos autorités », indique Nabi Joachim.
A côté des charges coutumières, il a également un pied dans la vie associative de la jeunesse de la Diaspora burkinabé à Man. Ainsi, depuis 2015 à ce jour, Nabi Joachim est le Coordonnateur général pour le Grand-ouest du Mouvement des Jeunes de la Diaspora burkinabè en Côte d’Ivoire ( MJDB-CI) et de la Convergence des peuples pour la Promotion du Traité d’Amitié et de la Coopération ivoiro-burkinabè (COPTAC).
Comment cet autodidacte concilie-t-il toutes ces tâches? « Seule l’organisation nous permet de mener toutes ces activités et fonctions », répond Nabi dont la générosité déborde les frontières du Tonkpi. « C’est avec plaisir que je partage le peu que je gagne avec mes semblables. Dieu ne conseille-t-il pas de soutenir ceux qui en ont besoin?« , interroge-t-il avec humour. A Man, le nom de Nabi Joachim rime avec générosité.
Charlène ADJOVI












