Informateur.info-Sans surprise le président sortant Alassane Ouattara a été proclamé vainqueur de la présidentielle du 25 octobre dernier. Contrairement au premier tour de la présidentielle d’octobre 2010 où les résultats avaient été proclamé en moins de 24 heures par la commission électorale indépendante (CEI), il a fallu attendre cette année 48 heures pour que les résultats soient connus. 83,66% des suffrages exprimés, selon la Cei. Alassane Ouattara réalise donc un très bon score à cette élection où l’opposition n’était vraiment pas de poids face à lui. Pascal Affi N’Guessan du Front populaire Ivoirien (FPI) vient en deuxième position avec 9,29% des suffrages exprimés.
L’enjeu de cette élection, faut-il le préciser, était le taux de participation qui a été estimé à 60%. Un taux largement en deçà de celui de 2010 à l’issue duquel la Côte d’Ivoire avait basculé dans la violence faisant plus de 3000 morts dont 10% de Burkinabé.
Cette année encore, bien que les autorités aient rassuré les Ivoiriens que toutes les dispositions avaient été prises pour garantir la sécurité de ce scrutin, la population s’est montrée très sceptique et prudente. Chat échaudé craint toujours l’eau froide. Avant le jour du scrutin, beaucoup avaient préféré se retirer de la capitale abidjanaise en guise de précaution. Lundi et mardi, on notait moins d’affluence dans la ville, l’administration, le transport et même le commerce ont tourné au ralenti.
Dans ce second mandat qui s’ouvre au président Ouattara, les Ivoiriens attendent non seulement de lui qu’il poursuive la dynamique de développement qu’il impulse à la Côte d’Ivoire mais également qu’il rassemble davantage les Ivoiriens. C’est d’ailleurs le souhait exprimé, lundi soir par l’un des candidats malheureux à cette élection, KKB qui reconnaissait avant l’heure sa défaite.
Il ne faut pas non plus occulter le fait qu’au terme du mandat qui commence avec la proclamation de ces résultats, s’ouvrira sans doute la guerre des héritiers tant du côté du Rdr que du Pdci. Dans la foulée, ils sont nombreux qui lorgnent le fauteuil présidentiel en 2020. On peut citer en premier le président de l’Assemblée Nationale Guillaume Soro, le ministre d’Etat, ministre de l’Intérieur et de la sécurité Hamed Bakayoko, Ahoussou Jeannot l’ex-premier ministre, Mabri Toikeuse, ministre d’Etat, ministre du plan et du développement. Outre ces personnalités, on évoque aussi discrétement le nom du premier ministre Kablan Duncan qui ferait un bon président pour la Côte d’Ivoire.
La formation annoncée d’un parti unifié saura t- elle canaliser les ambitions des uns et des autres. En tout état de cause, de la bonne organisation de ces formations politiques dépendra l’enracinement de la paix retrouvée en 2011.
Jean François Fall













