@informateur.ci- En Côte d’Ivoire, le scénario politique vécu au rythme des déclarations des acteurs politique ne serait-il pas le tableau restitué de la confrontation verbale qui a d’abord opposé, dans ‘’ Soundjata ou l’épopée mandingue ’’, l’ouvrage littéraire bien connu de l’écrivain Djibril Tamsir Niane, le redoutable roi du Sosso Soumahoro Kanté et le souverain mandingue Soundjata Kéita, avant que les deux rois rivaux ne croisent le fer lors de l’historique bataille de Krina?
En effet, dans le chapitre phare du livre intitulé ‘’ Krina ‘’, un dialogue a eu lieu entre ‘’ les rois sorciers ’’. Soumahoro et Soundjata se défient dans un étalage d’allégories, de symboles et de métaphores qui évoquent les pouvoirs surnaturels que chacun dit détenir. Puis, les hommes ayant parlé, les armes ont parlé par la suite. Mais cette représentation n’est qu’une simple transposition imagée de la guerre qui a opposé Soumahoro à Soundjata, sur la situation politique ivoirienne.
La Côte d’Ivoire n’est pas en guerre. Loin s’en faut. Cependant, elle vit à l’heure de la lutte pour la conquête, la reconquête ou la conservation du pouvoir d’Etat. Et les principales paroles que l’on attendait sont sorties, comme pendant ‘’Le dialogue des rois sorciers ‘’ dans le livre sus-évoqué, de la bouche des plus grands leaders politiques à la tête des principales forces politiques ivoiriennes. Ici, il ne s’agit pas de deux ‘’ rois sorciers ‘’, mais de plusieurs acteurs politiques qui se battent pour le pouvoir. Le président de la République sortant, Alassane Ouattara, candidat à sa propre succession, a parlé. Il est le candidat du parti au pouvoir, le RHDP, pour briguer un quatrième mandat.
Ainsi, les grands leaders ont parlé. Après la guerre des bouches, quelles conclusions donnera le théâtre électoral ivoirien? Après la bataille des mots, à quelle bataille les Ivoiriens auront-ils droit le 25 octobre 2025. à un autre ‘’ Krina ‘’ en Côte d’Ivoire, comme en 2010-2011 et en 2020 ? Dieu, préserve la Côte d’Ivoire…
L’ancien président Laurent Gbagbo qui entend reconquérir le pouvoir dont il a été déchu en 2011, est inéligible car radié de la liste électorale du fait d’une décision de justice qui l’a déchu de ses droits civiques. Mais il a parlé. Il clame qu’il reste et demeure le candidat de son parti, le PPA-CI à l’élection présidentielle prévue pour le 25 octobre 2025. Mieux, il déclare à l’encontre de son adversaire au pouvoir qu’ ‘’ il n’y aura pas de quatrième mandat ’’.
Le candidat du PDCI-RDA, Tidjane Thiam, descendant d’Houphouët-Boigny, lui aussi est inéligible, tout comme Gbagbo, car lui aussi radié de la liste électorale ivoirienne du fait de sa double nationalité franco-ivoirienne au moment de son inscription sur la liste électorale ivoirienne. Mais il a également parlé. Il soutient mordicus qu’il reste l’unique candidat du parti septuagénaire à l’élection présidentielle à venir et s’oppose fermement à un quatrième mandat du président sortant, non sans dénoncer la volonté du pouvoir en place de mettre à l’écart les candidats de l’opposition.
Affi Nguessan, le président du FPI, a parlé, lui aussi. Opposé à toute idée d’un quatrième mandat du président Ouattara, il estime que les conditions pour des élections démocratiques, ouvertes à tous, transparentes et apaisées ne sont pas encore réunies en Côte d’Ivoire. C’est le point de vue de bien d’autres leaders de l’opposition qui ont appelé à une marche contre la candidature du président Ouattara le 9 août 2025….
Ainsi, les grands leaders ont parlé. Après la guerre des bouches, quelles conclusions donnera le théâtre électoral ivoirien? Après la bataille des mots, à quelle bataille les Ivoiriens auront-ils droit le 25 octobre 2025. à un autre ‘’ Krina ‘’ en Côte d’Ivoire, comme en 2010-2011 et en 2020 ? Dieu, préserve la Côte d’Ivoire…
Maurice Konan KOUASSI












