@informateur.ci- Les relations diplomatiques entre la Tunisie et la France connaissent un nouveau regain de tension. Le gouvernement tunisien a annoncé, vendredi 24 juillet, avoir convoqué l’ambassadrice de France à Tunis à la suite de la diffusion, sur une chaîne publique française, d’une interview d’une personnalité recherchée par la justice tunisienne.
Dans un communiqué, le ministère tunisien des Affaires étrangères n’a pas explicitement cité le média concerné ni la personne interviewée. Toutefois, plusieurs sources indiquent qu’il s’agit de France 24, qui a récemment diffusé un entretien, en arabe et en français, avec l’ancien président tunisien Moncef Marzouki.
Les autorités tunisiennes ont exprimé leur « vive protestation», estimant que cette diffusion constitue une «démarche d’ingérence inacceptable» dans les affaires intérieures du pays. Selon Tunis, les déclarations tenues lors de cet entretien portent atteinte à la souveraineté de l’État, à la sécurité nationale ainsi qu’aux institutions de la République.
Le ministère affirme également que les propos diffusés s’apparentent à « un appel explicite à la sédition et aux affrontements internes ». Il dénonce une répétition de ce type de contenus sur des médias publics français, accusés de relayer des messages incitant à la haine et de diffuser des informations jugées mensongères à l’encontre de l’État tunisien.
Dans son communiqué, la diplomatie tunisienne souligne que le caractère public du média concerné engage, selon elle, « la responsabilité morale de l’État français ». Tunis appelle ainsi les autorités françaises à prendre les mesures nécessaires pour empêcher la diffusion de contenus qu’elle considère comme préjudiciables à ses intérêts et à sa stabilité.
Ancien président de la République tunisienne entre 2011 et 2014, Moncef Marzouki réside en France depuis plusieurs années. Il fait l’objet de plusieurs condamnations par contumace en Tunisie, notamment pour des faits liés à une atteinte à la sûreté de l’État.
Au cours de ses récentes interviews accordées à France 24, l’ancien chef de l’État a estimé que la Tunisie traversait une « crise politique d’une gravité exceptionnelle ». Il a également averti que la situation dans le pays risquait, selon lui, de « exploser », des propos qui ont suscité une vive réaction des autorités tunisiennes et ravivé les tensions diplomatiques entre Tunis et Paris.
Djah OPELY












