Le vendredi 02 décembre dernier, à la surprise générale, Son Excellence Cheick Professeur El Hadj Docteur Yahya AJJ Jammeh, reconnaissait sa défaite à la présidentielle face à son challenger Adama Barrow, jusque-là «inconnu au bataillon». La nouvelle de la «reddition» de cet autocrate « brut de décoffrage» avait fait l’effet d’une bombe. Beaucoup n’en revenaient pas ! Ces «bonnes manières» contrastaient tellement avec le style de la maison Jammeh ! Eh bien, c’est connu, le chien ne change pas sa (déhontée) façon de s’asseoir. Et Yahya Abdulaziz Jemus Junkung Jammeh n’a pas fait mentir le dicton. Le Conducator gambien quittant tranquillement le pouvoir après avoir reconnu sa défaite, dans une sorte d’accès d’honnêteté, improbable en l’espèce, c’est un scénario qui avait peu de chances de prospérer. Depuis vendredi 09 décembre dernier, il s’est ressaisi. Et plutôt deux fois qu’une ! Il réclame désormais un nouveau vote. Yahya Jammeh tel qu’en lui-même : «Tout comme j’ai loyalement accepté les résultats en croyant que la Commission Electorale était indépendante, honnête et fiable, je les rejette dans leur totalité», a-t-il martelé.
- Yahya Jammeh tel qu’en lui-même
Il est vrai qu’à sa décharge, on peut affirmer que la Commission lui a donné les munitions pour « attaquer » le verdict des urnes en reconnaissant une erreur de comptabilisation. Mais, il n’en demeure pas moins que l’écart entre le président sortant et le vainqueur reste quand même de 19 000 voix. De quoi gagner une élection. Alors à quel jeu joue l’ancien putschiste qui refuse d’entendre raison en dépit de la médiation de la CEDEAO qui s’est précipitamment rendue au chevet de la Gambie atteinte de…«jammite» aiguë. Et pourtant, l’Ubu gambien n’a que 47 ans et pourrait envisager, sans stress, une vie après le pouvoir. Mais, tel est l’homme, il ne fait rien comme personne et n’envisage pas de quitter le palais présidentiel sans y être contraint ou… les deux pieds devant (ce qu’à Dieu ne plaise!).
Arrivé en 1994 au pouvoir par un coup d’Etat, Yahya Jammeh totalise 22 ans de pouvoir. Il est donc temps qu’il passe la main. D’autant que l’ère des «présidents à vie» est révolue. Rien n’indique cependant que ce «soudard» qui s’est découvert un destin national l’entende de cette oreille. C’est tout le drame de la Gambie… malade de Jammeh.
René Ambroise Tiétié












