@informateur.ci- Le ministère public a requis, mardi 3 février 2026, une peine de quatre ans de prison à l’encontre de Marine Le Pen lors du procès en appel de l’affaire des assistants parlementaires du Front national (FN), devant la cour d’appel de Paris. Dans le détail, les avocats généraux ont demandé un an de prison ferme aménageable sous bracelet électronique, trois ans avec sursis, cinq ans d’inéligibilité ainsi qu’une amende de 100 000 euros.
Ces réquisitions sont intervenues à l’issue de onze jours de débats, menés par les avocats généraux Stéphane Madoz-Blanchet et Thierry Ramonatxo. Le parquet général n’a toutefois pas sollicité l’exécution provisoire de la peine d’inéligibilité, un point particulièrement suivi par la cheffe de file des députés du Rassemblement national (RN), au regard de ses ambitions politiques futures.
Le ministère public a également demandé des sanctions contre plusieurs responsables du RN. Huit mois de prison avec sursis et un an d’inéligibilité ont été requis contre le député de l’Yonne Julien Odoul. Des peines de dix-huit mois de prison avec sursis, assorties d’amendes de 8 000 euros et de trois ans d’inéligibilité, ont été demandées contre Louis Aliot, ancien compagnon de Marine Le Pen, ainsi que contre l’eurodéputé Nicolas Bay.
Selon l’avocat général Thierry Ramonatxo, les débats ont révélé « une organisation frauduleuse destinée à financer le FN », reposant sur « un système conçu pour détourner des fonds publics, en violation des règles de probité ». Il a souligné le « rôle central» de Marine Le Pen, qualifiée de « tête du système».
Présente à l’audience, Marine Le Pen est restée silencieuse après les réquisitions, indiquant toutefois plus tôt que son avenir politique dépendrait de la décision judiciaire. Lors des audiences de janvier, elle avait contesté l’existence d’un système généralisé de détournement, une position partagée par les autres prévenus.
Pour rappel, Marine Le Pen comparaît en appel après avoir été condamnée en première instance, en mars dernier, à quatre ans de prison dont deux ans ferme aménageables, 100 000 euros d’amende et cinq ans d’inéligibilité avec exécution immédiate.
Yannick KOBO













