@informateur.ci- Le 8 novembre, le Premier ministre sénégalais Ousmane Sonko a fermement repoussé la proposition du Fonds monétaire international (FMI) visant à restructurer la dette publique du Sénégal. Selon lui, une telle démarche constituerait une « honte » pour le pays, alors que l’institution internationale s’inquiète de la soutenabilité budgétaire sénégalaise, avec une dette évaluée à 132 % du PIB en 2024.
Cette position est soutenue par l’économiste sénégalais Meïssa Babou, enseignant-chercheur à l’Université Cheikh Anta Diop. Pour lui, Ousmane Sonko a «déjoué une tentative du FMI d’imposer sa politique» et a protégé la souveraineté économique du pays. « Refuser la restructuration est logique : elle présenterait le Sénégal comme un État proche de la faillite », affirme-t-il.
Meïssa Babou dénonce ce qu’il qualifie de «gouvernance mondiale » exercée par un ensemble d’acteurs financiers — FMI, agences de notation, banques internationales et marchés financiers — qui imposeraient une seule voie possible : accepter les prescriptions du FMI sous peine de sanctions financières, telles que la fermeture de certains financements ou une dégradation de la note du pays.
L’économiste alerte surtout sur les conséquences profondes d’une restructuration de la dette. Selon lui, derrière cette option se cache le risque d’un retour à des politiques semblables aux anciens ajustements structurels, qui imposeraient l’abandon de programmes nationaux et entraîneraient un coût social « extrêmement élevé ». Pour Meïssa Babou, maintenir la marge de manœuvre du Sénégal est essentiel pour préserver ses priorités économiques et sociales.
Yannick KOBO












