@informateur.ci – Alors que le tandem Bassirou Diomaye Faye – Ousmane Sonko a volé en éclats à l’épreuve du pouvoir, l’ancien président Macky Sall annonce son retour à Dakar, après près de 15 mois d’exil à la suite de son départ du pouvoir. Dans un communiqué rendu public mardi 14 juillet 2026, l’ex-Chef de l’État sénégalais fait savoir qu’il effectuera une brève visite à Dakar le 17 juillet 2026.
Mais qu’est-ce qui motive le retour dans son pays de Macky Sall qu’on n’attendait pas forcément si tôt ? Dans son communiqué, l’homme a affiché clairement son ambition de diriger l’Organisation des Nations-Unies (ONU). Macky Sall explique que cette visite s’inscrit dans la série de consultations internationales qu’il mène dans le cadre de sa candidature à la succession d’Antonio Guterres à la tête des Nations-Unies.
Il prévoit surtout de rencontrer le président Bassirou Diomaye Faye avant de quitter le Sénégal aussitôt après leurs échanges, du fait que son calendrier est particulièrement chargé. Il en profitera pour saluer ses militants et leur exprimer sa gratitude pour leur soutien. On comprend ici la démarche très diplomatique de l’ancien Chef de l’État qui, en réalité, a besoin de la caution de Dakar pour donner de la consistance à sa candidature à la tête de l’ONU. En fait, Macky Sall n’a pas le soutien de ses pairs africains réunis au sein de l’Union Africaine (UA). Plusieurs États membres, qui ont écarté son investiture, s’opposent fermement à sa désignation à la tête de l’ONU.
Qui plus est, au Sénégal, Macky Sall est toujours dans le viseur du nouveau pouvoir qui maintient sa volonté de faire la lumière sur la gestion jugée douteuse de l’ancien régime qui est accusé d’avoir dissimulé des fonds publics colossaux. Et de ce fait, on peut penser qu’il pourra difficilement compter sur le soutien de Diomaye Faye.
Mais le contexte politique sénégalais a changé et Ousmane Sonko, chef de file des accusateurs de l’ordre ancien, ne dirige plus l’exécutif. Il a perdu son poste de Premier ministre après s’être brouillé avec Diomaye Faye. Et son écharpe de président de l’Assemblée nationale ne lui confère pas toutes les prérogatives qu’il faudrait pour engager des poursuites contre Macky Sall. L’ancien président peut donc profiter de cette redistribution des cartes. Mieux, le prétendant à la succession d’Antonio Guterres, dont le mandat prend fin le 31 décembre 2026, ne baisse pas les bras.
Macky Sall sait qu’en diplomatie, tout peut devenir possible à tout moment. C’est pourquoi il entend en user jusqu’au bout, avec son carnet d’adresses qui va le conduire à la rencontre de plusieurs très hautes à travers le monde dans un long lobbying. Faut-il le savoir, les consultations au Conseil de Sécurité de l’ONU vont débuter fin juillet 2026, afin de retenir le nom du futur Secrétaire général de l’ONU qui prendra fonction le 1er janvier 2027.
Maurice Kouassi KONAN












