@informateur.ci- Après plus de six décennies, la France ferme sa dernière base militaire permanente au Sénégal. Une page historique se tourne alors que le camp Geille passe officiellement sous contrôle sénégalais.
Une page de l’histoire militaire entre la France et le Sénégal se tourne ce jeudi 17 juillet 2025. Le camp Geille, dernière base militaire française dans le pays, est officiellement remis à l’armée sénégalaise. Située à Ouakam, en plein cœur de Dakar, cette base de cinq hectares constituait la plus grande des six emprises militaires françaises encore présentes au Sénégal.
La cérémonie de rétrocession, à forte charge symbolique, marque la fin d’une présence militaire française ininterrompue depuis l’époque coloniale. Comme le souligne Mor Ndiaye, historien à l’université Cheikh Anta Diop, « des éléments présents depuis le XIXe siècle sont remis en question, ce qui traduit une rupture historique dans la coopération entre les deux armées».
Cette coopération avait évolué au fil des décennies. Après l’indépendance en 1960, les forces françaises avaient pour mission d’appuyer la défense nationale sénégalaise. Ce rôle a changé en 2011, avec la transformation des Forces françaises du Cap-Vert en Éléments français au Sénégal (EFS), centrés sur la formation et les entraînements conjoints, rapporte Rfi.
Mais dès 2021, l’armée française dit avoir pris conscience d’un « problème de perception » sur sa présence militaire en Afrique. Des discussions ont été engagées dès 2022 avec Dakar. L’élection du président issu du parti Pastef, en 2024, a accéléré les choses : il s’était engagé à mettre fin à toutes les bases étrangères sur le sol sénégalais.
En 2023, Paris a commencé à réduire progressivement ses effectifs, et depuis mars 2025, cinq des six emprises françaises ont été rétrocédées. Aujourd’hui, les deux dernières – le camp Geille et l’escale militaire de l’aéroport – passent sous contrôle sénégalais.
Il ne s’agit pas d’une rupture, affirment les deux pays, mais d’un « nouveau partenariat ». La coopération militaire se poursuivra sous forme de missions ponctuelles, avec des formations sur demande, notamment dans les domaines de la cybersécurité et de la surveillance maritime.
Cette fermeture met un terme à la présence militaire française permanente en Afrique de l’Ouest. Ne subsistent désormais que les installations françaises à Djibouti et à Libreville.
Djah OPELY












