@informateur.ci- Le Sénégal prévoit de consacrer environ 5 490 milliards de francs CFA, soit près de 10 milliards de dollars, au service de sa dette en 2026. Ce montant record, couvrant à la fois le principal et les intérêts, représente plus du double des projections établies au moment du départ de l’ancien président Macky Sall. Cette hausse spectaculaire illustre la pression croissante qui pèse sur les finances publiques sénégalaises.
Selon le projet de loi de finances 2026, les prévisions du service de la dette ont été réévaluées à la hausse pour les trois prochaines années. Dakar anticipe une progression notable de ses obligations financières dans un contexte de discussions soutenues avec le Fonds monétaire international (FMI) pour la mise en place d’un nouveau programme de financement.
Le gouvernement a ainsi revu à la hausse ses prévisions d’environ 3 200 milliards de francs CFA, soit 3,2 milliards de dollars, sur la période 2026-2028. Cette révision découle notamment de la découverte de dettes non déclarées par l’administration précédente, révélées l’an dernier, et qui avaient conduit le FMI à suspendre temporairement son programme de prêt de 1,8 milliard de dollars au Sénégal.
Le document budgétaire actualisé prévoit un service de la dette de 5 490 milliards de francs CFA en 2026, en hausse de plus de 11 % par rapport aux estimations de juin. Pour 2027, il atteindrait 4 410 milliards, soit une augmentation d’un tiers, tandis qu’en 2028, il grimperait à 4 970 milliards de francs CFA, soit près de 50 % de plus que les projections précédentes.
Cette publication intervient à la veille de la mission du FMI à Dakar, prévue du 22 octobre au 4 novembre. Le ministère des Finances n’a pas encore commenté officiellement les raisons précises de cette révision. Présenté lors des Réunions annuelles du FMI et de la Banque mondiale à Washington, le budget actualisé accompagne les négociations en cours visant à rétablir la confiance des partenaires financiers et à obtenir une dérogation du conseil d’administration du FMI sur les dettes antérieurement non déclarées.
Yannick KOBO












