@informateur.ci- Le président sénégalais Bassirou Diomaye Faye et son ancien Premier ministre Ousmane Sonko aujourd’hui président de l’Assemblée nationale sont plus que jamais à couteaux tirés, après leur rupture intervenue avec fracas. Leur nouveau théâtre d’affrontement politique est désormais le parlement où l’un bloque les projets de loi qui y sont adoptés par l’autre. Un nouvel épisode de ce feuilleton dans lequel deux frères devenus ennemis s’empoignent sur la scène politique, s’est ouvert.
Le président de la République Diomaye Faye n’entend nullement promulguer dans l’immédiat les deux textes proposés au parlement par le PASTEF, le parti d’Ousmane qui détient la majorité à l’Assemblée nationale sénégalaise. Le premier texte, déjà adopté le lundi 17 août 2026 par les députés, concerne la déclaration de patrimoine du président en fin de mandat. Le second, qui doit être examiné, vise à contrôler les » fonds secrets » dit-on, qui sont destinés à financer les » dépenses sensibles de l’Etat ».
Le PASTEF propose que les enveloppes réservées à la primature et à la présidence soient mieux contrôlées à travers une commission restreinte de députés. Ce que Diomaye Faye et le parti présidentiel Kiiraay n’entendent pas de cette oreille. Pour contourner et empêcher la promulgation immédiate de ces lois, le camp présidentiel a trouvé une stratégie: faire traîner les choses en soumettant la loi sur la double déclaration de patrimoine à un référendum. C’est ce qu’ a annoncé le gouvernement sénégalais, le lundi 17 août 2026.
Qui plus est, le gouvernement a de nouveau déposé un recours, le 18 août 2026, devant le Conseil constitutionnel, estimant que l’Assemblée nationale empiète sur des compétences qui sont exclusivement du ressort de l’exécutif. L’examen des textes de loi qui était prévu pour le mercredi 18 août 2026 à l’Assemblée nationale a, de ce fait, été été suspendu. Et alors que le parti d’Ousmane Sonko dénonce un blocage politicien orchestré à dessein, le parti présidentiel Kiiraay de Diomaye Faye banalise le sujet en déclarant que les Sénégalais ont surtout des préoccupations d’ordre social et économique actuellement, autres que le débat sur la double déclaration de patrimoine.
Le camp présidentiel répond à Ousmane Sonko que le Sénégal n’a pas un régime parlementaire, avant de rappeler que la priorité du gouvernement est surtout d’apporter des réponses aux préoccupations des populations, plutôt que de consacrer du temps à une vaine polémique.
En face, les partisans de Sonko dénoncent une manœuvre politicienne pour détourner les Sénégalais des vraies questions concernant la gestion des fonds publics.
Et la guéguerre continue.
Maurice Kouassi KONAN











