@informateur.ci- Les États-Unis accélèrent en Afrique le déploiement d’un nouveau cadre d’aide sanitaire bilatérale, plus exigeant et conditionné à des résultats mesurables. Ce modèle, fondé sur le cofinancement, des objectifs chiffrés et des mécanismes de sanction en cas de non-performance, marque un tournant majeur dans la coopération sanitaire entre Washington et ses partenaires africains.
Après le Kenya, le Rwanda et l’Ouganda, quatre nouveaux pays ont rejoint ce dispositif à la fin décembre 2025. Madagascar, la Sierra Leone, le Botswana et l’Éthiopie ont signé des mémorandums d’entente représentant un montant cumulé d’environ 2,3 milliards de dollars sur cinq ans. Dans ce cadre, les États-Unis s’engagent à hauteur de 1,4 milliard de dollars, tandis que les pays bénéficiaires devront mobiliser plus de 900 millions de dollars issus de leurs ressources nationales.
Cette approche rompt avec les mécanismes multilatéraux traditionnels, souvent critiqués pour leur lourdeur et leur manque de redevabilité. Désormais, l’aide est négociée de gouvernement à gouvernement, avec des calendriers stricts, des indicateurs de résultats précis et une évaluation régulière des performances. En cas de non-respect des engagements, des réductions, voire des suspensions de financement, sont prévues.
L’Afrique du Sud, pourtant confrontée à l’un des taux de prévalence du VIH les plus élevés au monde, reste exclue de ce nouveau dispositif. Pretoria a perdu près de 400 millions de dollars de financement annuel américain à la suite de tensions diplomatiques avec Washington et n’a, à ce stade, signé aucun mémorandum d’entente, contrairement à neuf autres pays africains.
Officiellement, le département d’État américain affirme que ces accords sanitaires ne sont pas liés aux discussions migratoires, notamment sur le renvoi de migrants expulsés des États-Unis. Toutefois, la concomitance des signatures interroge.
Plusieurs pays ayant renforcé leur coopération migratoire avec Washington ont bénéficié d’accords sanitaires, alimentant le débat sur une aide désormais étroitement liée aux relations diplomatiques.
Djah OPELY













