@informateur.ci- Le président rwandais Paul Kagame a vivement critiqué les églises évangéliques opérant dans son pays, estimant que nombre d’entre elles se sont éloignées de leur vocation spirituelle pour devenir des instruments d’abus et d’enrichissement personnel. Dans des propos sans détour, le chef de l’État a affirmé que plusieurs de ces structures religieuses ne sont « que des voleurs», allant jusqu’à qualifier certaines de véritables « repaires de bandits ».
Cette sortie intervient dans un contexte de renforcement du contrôle des organisations religieuses au Rwanda. Depuis plusieurs années, les autorités rwandaises ont engagé une politique plus stricte de régulation du secteur religieux, notamment après la fermeture de centaines d’églises jugées non conformes aux normes administratives, sécuritaires ou financières.
Paul Kagame reproche à certaines églises d’exploiter la foi des fidèles à des fins mercantiles, en multipliant les collectes d’argent sans transparence et en promettant des miracles ou des bénédictions en échange de contributions financières. Pour le président rwandais, ces pratiques portent atteinte à la dignité des citoyens et à la cohésion sociale. «Si cela dépendait de moi, aucune église ne rouvrirait », a-t-il déclaré, soulignant la gravité des dérives observées. Une déclaration forte qui illustre la fermeté du pouvoir face à ce qu’il considère comme une instrumentalisation de la religion.
Toutefois, Paul Kagame précise que sa position ne vise pas la foi ou la liberté de culte en tant que telles, garanties par la Constitution rwandaise, mais bien les abus commis par certaines structures religieuses. Les autorités affirment vouloir assainir le secteur afin que les organisations religieuses respectent la loi, la transparence financière et l’intérêt général.
Yannick KOBO













