@informateur- Bien qu’il n’ait pas été prié de faire ses valises pour quitter ces deux pays de l’Alliance des Etats du Sahel (AES), le Danemark a décidé que ses ambassades au Mali et au Burkina Faso vont lever le camp. Mais pourquoi une telle décision, alors que les relations diplomatiques entre Copenhague, Bamako et Ouagadougou n’ont pas été rompues par les Transitions militaires en place dans ces deux pays, comme ce fut le cas pour d’autres capitales européennes? Y aurait-il eu des brouilles silencieuses?
En fait, la raison de ce départ est que le Danemark a visiblement de plus en plus de mal à cohabiter avec les Transitions militaires installées en 2020 au Mali et en 2022 au Burkina Faso depuis les coups d’Etat qui ont hissé Assimi Goïta et Ibrahim Traoré au pouvoir. La diplomatie danoise, qui estime que rester dans ces deux pays de l’AES n’a plus vraiment de sens, a en effet officiellement fait savoir depuis le lundi 26 août 2024, que ses représentations à Bamako et à Ouagadougou se sentaient un peu trop à l’étroit, du fait que les possibilités d’action y sont chaque jour un peu plus réduites. Une situation qui rend désormais impossible la mission des ambassades du Danemark au Mali et au Burkina Faso.
A quoi bon rester donc, si ce n’est pour demeurer entre quatre murs, dans un contexte d’insécurité et, il faut le dire, d’hostilité ambiante à l’égard des pays occidentaux dont certains ont vu rompre avec fracas leurs relations de coopération bilatérale par les juntes malienne et burkinabè, comme cela a été le cas pour l’Ukraine récemment ? Qui plus est, la Transition militaire malienne n’a-t-elle pas ordonné l’expulsion de l’ambassadrice de Suède au Mali, amenant la diplomatie suédoise à planifier la fermeture de son ambassade à Bamako au plus tard fin 2024 ?
La réponse trouvée par Copenhague à ces questions qui ne rassurent pas est la décision prise d’ouvrir de nouvelles ambassades danoises au Sénégal, en Tunisie et au Rwanda, tout en renforçant l’effectif de son personnel dans ses ambassades au Ghana, au Nigeria, en Afrique du Sud, au Kenya et en Égypte. C’est l’annonce faite par le ministère danois des Affaires étrangères qui n’a pas caché le fait que le Danemark oriente son aide et ses actions vers les pays où ses intérêts sont préservés. C’est donc l’aide financière danoise qui s’envole ainsi au Mali et au Burkina Faso. Les juntes malienne et burkinabè n’ont pas officiellement réagi à la décision du Danemark de fermer ses ambassades à Bamako et à Ouagadougou.
DL/informateur.ci













