@informateur.ci- Les tensions armées dans l’est de la République démocratique du Congo (RDC) ont repris de plus belle, quelques heures seulement après la signature d’un accord de paix jugé « historique » entre Paul Kagame et Félix Tshisekedi, sous médiation des États-Unis.
Vendredi, les autorités rwandaises ont annoncé que plus de 700 Congolais avaient franchi la frontière pour trouver refuge au Rwanda, fuyant de nouveaux affrontements dans la province du Sud-Kivu.
Selon Phanuel Sindayiheba, responsable administratif du district rwandais de Rusizi, la majorité des nouveaux arrivants sont des femmes et des enfants. Ils ont été installés dans un centre de transit où leur sont fournis des vivres, de la literie et d’autres articles essentiels. Sur les réseaux sociaux, plusieurs vidéos montraient de longues colonnes de familles traversant le poste frontière de Bugarama-Kamanyola, certaines transportant leurs biens ou conduisant leur bétail.Cette nouvelle vague de déplacés intervient alors que des combats intenses ont été signalés vendredi matin près de Luvungi, dans le Sud-Kivu.
Des médias congolais rapportent que le M23 aurait lancé des attaques coordonnées à l’aube contre des positions des Forces armées de la RDC (FARDC), provoquant la fuite de milliers d’habitants. Le porte-parole du mouvement rebelle, Lawrence Kanyuka, a affirmé sur X que les FARDC et leurs alliés auraient bombardé des zones densément peuplées à l’aide « d’avions de chasse, de drones et d’artillerie lourde». Il a également dénoncé deux explosions venues du Burundi ayant fait six victimes, des affirmations auxquelles Kinshasa n’a pas encore réagi. Kigali est régulièrement accusé de soutenir le M23, ce que le Rwanda continue de démentir fermement.
Jeudi à Washington, lors de la signature de l’accord de paix, le président américain Donald Trump avait salué « un engagement pour tourner la page des violences et ouvrir une nouvelle ère de coopération». Paul Kagame a, de son côté, affirmé que ce cadre négocié par les États-Unis propose « tout ce qui est nécessaire » pour mettre fin au conflit. Félix Tshisekedi a lui aussi insisté sur un engagement «irréversible» en faveur de la paix.
Entre juillet et octobre, plus de 123 600 personnes ont été déplacées en RDC en raison des violences et des tensions persistantes, selon l’ONU.
Djah OPELY













