@informateur.ci- Au moins 89 civils ont été tués en une semaine dans l’est de la République démocratique du Congo (RDC) lors d’attaques attribuées aux rebelles ADF, a indiqué la Mission des Nations unies en RDC (MONUSCO). L’organisation parle d’opérations « particulièrement meurtrières » menées entre le 13 et le 19 novembre dans plusieurs localités du territoire de Lubero, dans la province du Nord-Kivu.
Cette région de l’est congolais demeure l’épicentre de violences armées depuis trois décennies, où opèrent de nombreux groupes armés. Au sud, le M23, soutenu par le Rwanda selon Kinshasa et l’ONU, a récemment pris le contrôle de vastes zones dans le Nord-Kivu et le Sud-Kivu. Plus au nord, les ADF — un groupe issu d’anciens rebelles ougandais ayant prêté allégeance à l’État islamique — multiplient les attaques contre les civils, notamment dans des villages isolés du Nord-Kivu et de l’Ituri.
Selon la MONUSCO, les attaques survenues dans le secteur de Bapere et la chefferie de Baswagha ont fait 89 morts, dont au moins 20 femmes et un nombre encore indéterminé d’enfants. Les assaillants ont notamment visé un centre de santé catholique à Byambwe, situé à 60 kilomètres de Lubero, où 17 civils ont été tués, et plusieurs pavillons abritant des malades incendiés. Un bilan précédent fourni par la Croix-Rouge locale faisait état de 23 morts.
D’autres localités comme Mabiango, Tunarudi, Sambalysa, Thucha et Butsili ont également été touchées par des exactions incluant des enlèvements, des pillages de médicaments et la destruction de biens.
Déployée depuis 2021 dans le nord du Nord-Kivu et en Ituri, l’armée ougandaise appuie les Forces armées congolaises (FARDC) dans l’opération conjointe « Shujaa ». Malgré cette intervention, les violences persistent, les ADF opérant en petits groupes mobiles et profitant de la densité des forêts pour se dissimuler.
Les habitants dénoncent régulièrement la lenteur de la riposte militaire. Muhindo Tafuteni, président de la société civile de Lubero, évoque un manque d’effectifs, une logistique limitée et la dégradation avancée des routes, entravant les opérations de sécurité.
La zone de Bapere, riche en gisements d’or, est par ailleurs convoitée par diverses milices, rendant la situation encore plus instable. Depuis juillet, les ADF y ont mené plusieurs attaques, dont celle de septembre à Ntoyo qui avait déjà coûté la vie à 71 civils.
Djah OPELY












