@informateur.ci- Le conflit qui sévit depuis plusieurs années dans le nord-est du Nigeria continue de laisser de profondes séquelles sur les populations, notamment sur les enfants. Dans l’État de Borno, plus de 1 400 écoles ont été détruites et 2 295 enseignants ont perdu la vie au cours des années d’insurrection et de violences, selon les autorités locales.
Le gouvernement de Borno fait également état de quelque 19 000 personnes déplacées et estime qu’environ trois millions d’enfants ont aujourd’hui besoin d’une aide éducative urgente. Ces chiffres illustrent l’ampleur des conséquences du conflit sur le système éducatif et sur l’avenir de toute une génération.
Ces données ont été communiquées par le vice-gouverneur de Borno, Umar Usman Kadafur, représentant le gouverneur Babagana Umara Zulum lors d’un dialogue national de deux jours consacré à l’impact des conflits sur la santé mentale des enfants. La rencontre s’est tenue à Maiduguri.
Pour le vice-gouverneur, la fin des attaques ne signifie pas pour autant la disparition des traumatismes. La peur et l’angoisse continuent de marquer les enfants, affectant leur comportement, leur scolarisation et leur capacité à faire confiance à leur entourage.
Umar Usman Kadafur a notamment averti que des traumatismes non pris en charge pourraient favoriser le ressentiment, la radicalisation et la vulnérabilité au recrutement par des groupes insurgés. Il estime ainsi que les opérations militaires ne peuvent, à elles seules, répondre aux conséquences durables de l’insurrection.
Les autorités de Borno réclament donc un renforcement des programmes de santé mentale et du soutien psychosocial dans les zones affectées.
Elles préconisent également la création d’un cadre national dédié à la prise en charge des enfants victimes de conflits, ainsi que le déploiement accru de professionnels de santé mentale dans les communautés touchées.
La représentante du conseiller à la sécurité nationale, Nuhu Ribadu, a pour sa part souligné que la situation devait être considérée comme une question de sécurité nationale. Selon elle, les enfants victimes de violences, de déplacements, d’enlèvements ou d’abus peuvent, sans accompagnement approprié, devenir à leur tour des facteurs d’instabilité.
L’UNICEF estime à 270 864 le nombre d’enfants ayant besoin de soins en santé mentale et de soutien psychosocial dans les États de Borno, Adamawa et Yobe. L’organisation appelle les autorités à intégrer durablement ces programmes dans les politiques de santé, d’éducation et de protection de l’enfance.
Djah OPELY












