@informateur.ci- Pour dénoncer ce qu’ils considèrent comme des entraves à l’exercice de leur profession, les avocats marocains ont entamé depuis plusieurs mois une grève nationale qui a franchi le cap des 100 jours de paralysie des tribunaux. Ce mouvement, initié par l’Association des barreaux du Maroc (ABAM), constitue l’un des conflits les plus marquants de l’histoire de l’appareil judiciaire marocain.
Il faut le dire, la publication de la loi controversée N° 66.23 au Bulletin officiel le 20 août 2026, rendant immédiatement applicable cette loi à problème malgré l’opposition des avocats marocains, n’a rien arrangé. Au contraire, le front du refus s’est durci et la contestation continue.
Pour comprendre les raisons de la colère des robes noires au Maroc, il faut savoir que les 17 000 avocats du Royaume s’opposent fermement à la réforme de leur profession engagée par le ministère marocain de la Justice.
Les robes noires marocains dénoncent la perte d’indépendance dans l’exercice de leur profession, du fait que texte de loi querellé transfère la régulation de l’accès à la profession et le contrôle de l’examen au ministère de la Justice, au détriment des instances relevant de l’Ordre des Avocats.
L’ABAM estime en outre que le pouvoir exécutif opère une ingérence directe dans la gestion interne des barreaux. Qui plus est, l’âge limite et les diplômes désormais requis posent problème. Le nouveau texte impose en effet un âge maximal de 40 à 45 ans pour intégrer la profession et exige désormais un Master au lieu de Licence.
Les avocats marocains estiment également que le texte controversé porte atteinte à l’immunité judiciaire indispensable à l’exercice de leur métier. Conséquence, la grève illimitée et la suspension des prestations des avocats marocains se poursuivent après la publication de la loi de la discorde. Les avocats dénoncent un passage en force et une absence de contrôle de constitutionnalité régulier quant à la nouvelle loi. C’est pourquoi la mobilisation s’est accrue.
Mieux l’ABAM a anticipé sa réunion extraordinaire au jeudi 27 août 2026 au Club des Avocats de Souissi, à Rabat, pour décider des suites à donner au mouvement. En attendant la paralysie des tribunaux continue et le mouvement de contestation continue de causer de nombreux reports de procès et la suspension des activités des avocats, privant les justiciables de l’aide juridictionnel.
Maurice Kouassi KONAN












