@informateur.ci- À Bamako, les automobilistes respirent enfin après deux mois de fortes difficultés pour se ravitailler en carburant. Depuis le début du mois de septembre, les attaques menées par le Groupe de soutien à l’islam et aux musulmans (Jnim), affilié à Al-Qaïda, contre les camions-citernes avaient provoqué une pénurie majeure dans la capitale malienne. Mais depuis près d’une semaine, la situation s’améliore nettement dans la ville.
Selon plusieurs témoignages recueillis sur place, la majorité des stations-service de Bamako ont rouvert lundi 24 novembre, et les longues files d’attente ont quasiment disparu. Cette accalmie est largement attribuée au renforcement des escortes militaires de transport de carburant. L’armée malienne, appuyée par des supplétifs russes de l’Africa Corps, assure désormais un encadrement renforcé des convois, facilitant le contournement des zones les plus exposées aux attaques.
Toutefois, le retour à la normale reste fragile. Si la capitale est à nouveau approvisionnée, plusieurs axes routiers demeurent dangereux. Le Jnim a d’ailleurs menacé de « durcir » ses actions, faisant planer une incertitude persistante sur les prochaines semaines. Une inquiétude qui pousse de nombreux habitants et entreprises à constituer des réserves d’essence, de crainte d’une nouvelle rupture.
Ce répit ne concerne par ailleurs qu’une partie du pays. Dans plusieurs régions clés — Ségou, San, Mopti, Koutiala, Dioila, Koulikoro et Nioro — la pénurie reste profonde. Les difficultés de transport et l’insécurité empêchent un acheminement régulier, compliquant l’activité économique et les déplacements du quotidien.
Les autorités de transition assurent qu’un plan d’urgence est en cours, promettant un ravitaillement des zones jugées « critiques » dès la semaine prochaine. En attendant, si la joie est réelle à Bamako, elle reste teintée de prudence et de solidarité envers les régions toujours privées du carburant essentiel au fonctionnement du pays.
Djah OPELY













