@informateur.ci- La Guinée-Bissau franchit une nouvelle étape vers le retour à un régime civil. La nouvelle Constitution a été approuvée par 70 % des suffrages valides lors d’un référendum, selon les résultats proclamés par la Commission nationale des élections (CNE). Le texte doit désormais servir de cadre institutionnel avant les élections générales annoncées pour le 6 décembre 2026.
Sur les 544 021 suffrages exprimés, le « oui » a obtenu 383 117 voix, contre 160 904 pour le « non ». La participation s’est élevée à 62,6 %, avec 572 714 électeurs ayant voté sur 914 428 inscrits.
La réforme constitutionnelle modifie profondément l’équilibre des pouvoirs. Elle renforce notamment les prérogatives du président de la République, qui pourra nommer et révoquer le Premier ministre et les membres du gouvernement. Le chef de l’État pourra également créer ou supprimer des ministères et, dans certaines circonstances de crise, dissoudre l’Assemblée nationale.
Le Parlement voit parallèlement ses effectifs réduits. Le nombre de députés passe de 102 à 65, tandis que les circonscriptions électorales sont ramenées de 29 à 12. Pour briguer la présidence, les candidats devront en outre justifier d’au moins cinq années consécutives de résidence dans le pays.
Les autorités de transition présentent cette réforme comme une réponse aux blocages récurrents du système semi-présidentiel. Elles estiment qu’elle permettra de réduire les tensions entre la présidence et la Primature et de renforcer la stabilité politique.
Le référendum reste toutefois controversé. Le PAIGC, principale formation d’opposition, avait appelé au boycott du scrutin, jugeant les conditions insuffisantes pour garantir sa crédibilité. Plusieurs organisations et coalitions de la société civile dénoncent également une possible concentration excessive du pouvoir entre les mains du président.
Ce vote intervient près d’un an après la prise du pouvoir par l’armée en novembre 2025, dans le contexte d’une crise électorale. Les autorités de transition maintiennent leur objectif d’organiser des élections générales le 6 décembre 2026 et de rétablir un pouvoir civil.
Djah OPELY












