@informateur.ci- Quelques jours après la prise du pouvoir par les militaires en Guinée-Bissau, un nouveau gouvernement de 28 membres a été formé samedi. Cette annonce marque une nouvelle étape dans la transition politique engagée depuis le renversement du président Umaro Sissoco Embalo, écarté du pouvoir à la veille de l’annonce des résultats provisoires des élections du 23 novembre.
Les forces armées ont justifié leur intervention par la nécessité de préserver la stabilité du pays lusophone. Le président déchu, quant à lui, a d’abord trouvé refuge au Sénégal avant d’arriver samedi à Brazzaville, capitale de la République du Congo, où il n’a pas encore commenté publiquement la situation.
Parmi les personnalités désignées pour diriger le pays, cinq sont issues de l’armée et quatre sont des femmes, reflétant selon les nouvelles autorités une volonté d’inclusion dans cette phase de transition. Le général Horta N’Tam, considéré comme proche d’Embalo, occupe désormais la tête du gouvernement provisoire qui devrait rester en place pendant un an.
Lors de la cérémonie de nomination, N’Tam a appelé les membres de l’exécutif à s’engager fermement dans la « lutte contre la corruption et le trafic de drogue », deux fléaux qui fragilisent depuis longtemps l’économie et les institutions du pays.
Sur le terrain politique, les tensions demeurent. Le principal parti d’opposition a dénoncé samedi « l’invasion » de son siège par des hommes armés, un acte qu’il attribue aux nouvelles autorités. L’opposition affirme également qu’Embalo aurait orchestré cette prise de pouvoir pour interrompre le processus électoral, alors que lui et son rival Fernando Dias revendiquaient chacun la victoire.
Alors que les premières annonces officielles étaient attendues le 27 novembre, l’avenir institutionnel de la Guinée-Bissau reste incertain, dans un pays marqué par une longue histoire de crises politiques et militaires.
Yannick KOBO





