@informateur.ci- Au Ghana, la filière cacao demeure un pilier stratégique de l’économie nationale. Elle contribue à près de 6 % du produit intérieur brut (PIB) et fait vivre environ 30 % de la population rurale. Malgré ce poids économique et social majeur, le secteur reste confronté à un défi structurel : l’accès limité au financement, en particulier pour les petits producteurs.
Dans ce contexte, Sahel Capital, un investisseur privé spécialisé dans l’agroalimentaire en Afrique subsaharienne, a annoncé le lundi 26 janvier 2026 l’octroi d’un prêt de fonds de roulement de 2,4 millions de dollars, soit plus de 1,3 milliard FCFA, à Kuapa Kokoo Limited (KKL). Cette société ghanéenne de négoce de cacao est détenue par une coopérative regroupant des dizaines de milliers de petits exploitants.
L’opération a été réalisée à travers le Fonds d’entreprise sociale pour l’agriculture en Afrique (SEFAA), un mécanisme lancé il y a environ cinq ans par Sahel Capital pour fournir des financements structurés à des PME agroalimentaires opérant dans 13 pays d’Afrique subsaharienne. Ce nouveau financement vise à renforcer la capacité d’approvisionnement de Kuapa Kokoo durant la campagne de commercialisation du cacao.
Concrètement, le prêt permettra à l’entreprise d’accroître ses achats de fèves auprès des producteurs membres de sa coopérative, tout en améliorant leur accès au marché et l’accompagnement qui leur est offert. Basée au Ghana, Kuapa Kokoo achète directement le cacao aux agriculteurs avant de le livrer à l’Office du cacao du Ghana (COCOBOD), l’institution publique chargée de l’exportation vers les marchés internationaux à des prix réglementés.
Il s’agit d’un renouvellement d’une facilité similaire accordée en 2024, qui avait déjà permis à KKL de consolider ses fonds de roulement et d’intensifier ses achats locaux. «Kuapa Kokoo reste un exemple fort d’institution détenue par des agriculteurs qui apporte une réelle valeur aux petits exploitants », a souligné Deji Adebusoye, associé chez Sahel Capital.
Deuxième producteur mondial de cacao derrière la Côte d’Ivoire, le Ghana continue ainsi de miser sur des partenariats financiers innovants pour soutenir une filière essentielle, mais encore fragilisée par les risques climatiques, la volatilité des prix et la prudence persistante des banques vis-à-vis du financement agricole.
Yannick KOBO













