@informateur.ci- Les États-Unis durcissent leur politique migratoire en rendant permanent un dispositif controversé de caution pour l’obtention de certains visas. Désormais, les ressortissants d’une cinquantaine de pays, principalement situés en Afrique, devront s’acquitter d’une caution pouvant atteindre 20 000 dollars, soit environ 11 millions de FCFA, pour solliciter un visa de tourisme ou d’affaires (B1/B2).
Selon un projet d’avis publié dans le Federal Register, le département d’État américain estime que l’expérimentation menée durant près d’un an a démontré l’efficacité de cette mesure dans la lutte contre les dépassements de durée de séjour. L’entrée en vigueur du dispositif permanent est prévue dès lundi, avec la possibilité d’étendre la liste des pays concernés.
Jusqu’à présent, le programme pilote prévoyait des cautions de 5 000, 10 000 ou 15 000 dollars. Le nouveau règlement supprime le premier palier et relève le plafond à 20 000 dollars. Cette somme sera remboursée si le visa est refusé ou, en cas d’acceptation, lorsque le voyageur respecte l’ensemble des conditions de son séjour.
Lancé sous l’administration Trump en août dernier, ce mécanisme vise à réduire l’immigration irrégulière liée aux dépassements de visas. Washington estime que l’arrestation et l’expulsion d’un visiteur en situation irrégulière coûtent en moyenne 18 000 dollars aux finances publiques.
Les autorités américaines présentent le programme comme un succès. En 2024, près de 45 500 ressortissants des 50 pays concernés avaient dépassé la durée autorisée de leur visa. En revanche, durant les dix premiers mois du programme pilote, moins de 50 cas de dépassement auraient été enregistrés.
Cependant, la mesure suscite de vives critiques. De nombreuses organisations dénoncent une barrière financière excessive pour les citoyens de pays à faibles revenus souhaitant rendre visite à leur famille, poursuivre des études ou développer des activités économiques aux États-Unis.
Le département d’État prévoyait initialement qu’environ 2 000 demandeurs seraient concernés par cette caution. Finalement, près de 20 000 personnes ont dû y faire face. Près de la moitié d’entre elles ont renoncé à leur demande, entraînant une chute de 83 % des visas d’affaires et de tourisme délivrés aux ressortissants des pays visés.
Djah OPELY












