@informateur.ci- Le gouvernement tchadien a officialisé son retrait de la Cour pénale internationale (CPI), une décision justifiée par ce qu’il considère comme les limites de l’institution et son traitement jugé inégal des affaires internationales. N’Djamena affirme que cette décision intervient à l’issue d’une évaluation approfondie du fonctionnement de la juridiction, tandis que des documents officiels révèlent qu’elle fait également suite à une demande des États-Unis.
Dans un communiqué publié le 27 juillet, le porte-parole du gouvernement estime que la CPI, créée en 2002, présente une efficacité « limitée » et applique une justice à « géométrie variable ». Les autorités tchadiennes reprochent notamment à la Cour de concentrer l’essentiel de ses enquêtes sur le continent africain.
Selon le gouvernement, sur les treize enquêtes ouvertes par la CPI depuis son entrée en fonction, neuf concernent des États africains, contre seulement quatre dans le reste du monde, sans résultats jugés significatifs. Le communiqué souligne également que parmi les sept personnes actuellement détenues par la Cour, six sont poursuivies dans des affaires liées à l’Afrique.
Cette annonce intervient quelques jours après un échange téléphonique entre le ministre tchadien des Affaires étrangères et le sous-secrétaire d’État américain chargé des Affaires africaines. Dans un communiqué diffusé par la diplomatie tchadienne, Washington aurait invité N’Djamena à réexaminer son adhésion au Statut de Rome, traité fondateur de la CPI, tout en faisant part de ses réserves sur le fonctionnement de l’institution.
Le retrait du Tchad intervient dans un contexte diplomatique sensible. Depuis plusieurs mois, des organisations nationales et internationales accusent le pays d’être impliqué dans le conflit au Soudan. N’Djamena est notamment soupçonné de soutenir le général Mohamed Hamdane Daglo, dit « Hemetti », chef des Forces de soutien rapide (FSR), engagées dans une guerre contre l’armée soudanaise.
Par ailleurs, plusieurs ONG dénoncent des violations des droits humains au Tchad, évoquant des arrestations arbitraires ainsi qu’un recul des libertés fondamentales. Les autorités tchadiennes rejettent régulièrement ces accusations.
Djah OPELY











