@informateur.ci- Le Burkina Faso entend renforcer son accès à la connectivité internationale en s’appuyant davantage sur le Nigeria. Pour ce pays d’Afrique de l’Ouest, la diversification des voies d’accès aux câbles sous-marins apparaît comme une priorité afin d’améliorer la qualité des services Internet, réduire les coûts et répondre à l’augmentation des besoins numériques.
L’initiative s’inscrit dans le cadre du renforcement de la coopération entre Ouagadougou et Abuja dans le secteur du numérique. Elle a été évoquée lors de la visite au Burkina Faso, la semaine dernière, d’une délégation nigériane conduite par le ministre des Communications, de l’Innovation et de l’Économie numérique, Bosun Tijani. Les discussions ont également porté sur l’intelligence artificielle et la cybersécurité.
Selon la ministre burkinabè de la Transition digitale, Aminata Zerbo/Sabane, le vaste projet nigérian d’interconnexion avec les pays voisins pourrait permettre au Burkina Faso de bénéficier d’une nouvelle voie d’accès à Internet, notamment à travers le Niger et le Bénin.
Le Nigeria présente un intérêt stratégique pour Ouagadougou. Le pays est desservi par plusieurs câbles sous-marins qui le relient directement aux grands réseaux internationaux. Cette infrastructure pourrait ainsi contribuer à diversifier les corridors actuellement utilisés par le Burkina Faso, qui dépend notamment de liaisons passant par la Côte d’Ivoire, le Ghana et le Togo.
Au-delà de la résilience des réseaux, cette diversification pourrait avoir un impact sur les prix. Les autorités burkinabè souhaitent acquérir davantage de capacité Internet à des tarifs compétitifs afin de réduire, à terme, le coût supporté par les utilisateurs.
Des études soulignent en effet le lien entre l’augmentation de la capacité internationale et la baisse des prix. La FERDI estimait en 2025 qu’un doublement de cette capacité pouvait entraîner une diminution significative des tarifs du haut débit. La Banque mondiale observe également une baisse moyenne des prix lorsque les capacités des câbles sous-marins augmentent.
L’enjeu est important au Burkina Faso, où les tarifs restent élevés par rapport aux revenus. En 2025, 5 Go d’Internet mobile représentaient 8,8 % du RNB par habitant, contre 31,4 % pour l’Internet fixe, alors que le seuil d’abordable recommandé est de 2 %.
En renforçant ses connexions internationales, le Burkina Faso espère donc améliorer simultanément les débits, la qualité des services et l’accessibilité financière d’Internet, dans un contexte marqué par l’essor du cloud, du streaming et des usages professionnels en ligne.
Djah OPELY











