@informateur.ci- Au Burkina Faso, on n’est plus libre de constituer des associations et des Organisations non gouvernementales (ONG) dans les mêmes conditions que par le passé. La liberté d’association est désormais sous haute surveillance, à travers une nouvelle loi ! Les choses ont changé depuis le jeudi 17 juillet 2025, en vertu de la nouvelle loi portant liberté d’association au Burkina Faso adoptée à l’unanimité par l’Assemblée législative de transition (ALT).
Que dit donc cette loi ? D’après les sources, la Transition militaire dirigée par le Capitaine Ibrahim Traoré entend ‘’ mettre de l’ordre ’’ dans le monde des associations et ONG jugées ‘’ pléthoriques ‘’ par le régime militaire au Mali. Le but, croit-on savoir, est de dresser une meilleure nomenclature du milieu associatif burkinabé pour parvenir à une bonne traçabilité des actions et des fonds qui leur permettent de fonctionner, en renforçant le dispositif de surveillance et de suivi des associations, en vue de lutter contre la corruption, le blanchiment d’argent et les flux financiers illicites qui alimentent le financement du terrorisme. Une vision noble en somme.
Cependant, à l’analyse des dispositions de ce texte, les préoccupations de la transition militaire face aux associations touchent à l’aspect politique. En effet, l’une des principales dispositions est que les hauts cadres de l’Administration publique n’ont plus le droit de faire partie des organes dirigeants des associations au Burkina Faso. La loi interdit notamment aux ministres, aux présidents d’institutions, aux cadres et responsables administratifs et aux élus en fonction de diriger une association ou de figurer dans ses organes dirigeants. L’argument mis en avant par la nouvelle loi est que qu’il faut ‘’ éviter les conflits d’intérêts, les trafics d’influence et les confusions de rôles ‘’.
En réalité, plus qu’un simple souci de transparence et de bonne gouvernance, c’est surtout le souci d’éloigner de la Société civile les acteurs et personnalités politiques de l’opposition et des hauts fonctionnaires soupçonnés de pactiser avec l’opposition via les Associations et ONG qui semble avoir guidé cette disposition. En toile de fond, c’est la Société civile burkinabé qui est visée pour être muselée. La vérité est que la Transition militaire burkinabé qui ne connaît que trop bien le dynamisme et l’activisme des associations et autres organismes des droits de l’Homme et des libertés dans le pays, soupçonne l’opposition politique et des hauts commis de l’Etat qui ne soutiennent pas les autorités en place de les manipuler voire de les financer, pour les dresser contre le régime militaire de Ouagadougou.
On note aussi une disposition qui distingue les autres Associations des ONG. Désormais, la signature de la convention d’établissement de l’obtention du statut d’ONG dont la création fait l’objet de fortes restrictions. Le statut d’ONG est dorénavant réservé aux associations qui ont ‘’ la capacité de financer les projets de développement ‘’. En clair, il faut présenter un compte en banque bien fourni qui sera ensuite passé au crible des contrôleurs de la Transition, afin de s’assurer que cet argent est propre ou ne vient pas d’e l’opposition. L’objectif ici est sans doute de savoir l’origine des fonds pour pouvoir déterminer éventuellement des connexions financières douteuses avec les adversaires de la Transition.
A ce rythme, lorsque l’ont sait les limites financières des associations, notamment les ONG qui vivent de financements divers de partenaires, donateurs et autres bonnes volonté, on risque d’avoir désormais très peu d’ONG au Burkina Faso. Enfin, la dernière disposition restrictive que nous notons ici, entre autres, c’est la mise en place d’un ‘’ dispositif intégré de suivi des associations ‘’, soulignent les médias locaux.
Ce dispositif permet d’impliquer les chefs de circonscriptions administratives dans le suivi des activités des Associations et ONG dans leurs ressorts territoriaux. Le vrai sens de cette clause est qu’à compter de maintenant, les associations doivent rentre des comptes aux chefs de circonscriptions administratives et par conséquent au pouvoir militaire par le truchement de l’Administration qui va surveiller de très près les activités et le financement des Associations et ONG, pour en faire le point à la Transition. Au Burkina Faso, désormais c’est : liberté d’association sous haute surveillance.
Maurice Konan KOUASSI












