@informateur.ci- Face aux tensions géopolitiques qui secouent le marché énergétique mondial, la République démocratique du Congo (RDC) envisage de constituer un stock stratégique de carburant afin de prévenir une éventuelle pénurie. Cette décision intervient dans un contexte marqué par le blocage du détroit d’Ormuz par l’Iran, sur fond de confrontation avec les États-Unis et Israël, un événement susceptible de perturber l’approvisionnement mondial en pétrole.
Selon des informations relayées par la chaîne publique RTNC, le gouvernement congolais prévoit de constituer une réserve d’au moins 50 000 tonnes de carburants destinés aux transports terrestres et à l’aviation. Cette mesure a été évoquée lors d’une réunion tenue le 9 mars 2026 autour de la ministre des Hydrocarbures, Acacia Bandubola Mbongo. Pour l’heure, les modalités de constitution de ce stock stratégique n’ont pas encore été précisées.
Toutefois, ce volume apparaît relativement limité au regard des besoins énergétiques du pays. D’après le rapport annuel 2023 de la Banque centrale du Congo, la consommation nationale de produits pétroliers s’est élevée à 2 804 698 m³, soit l’équivalent d’environ 2,3 à 2,4 millions de tonnes sur l’année. Ainsi, une réserve de 50 000 tonnes représenterait à peine 2 % de la consommation annuelle, soit seulement quelques jours d’approvisionnement.
La demande en carburant connaît par ailleurs une forte progression. À Kinshasa, la consommation quotidienne dans les stations-service est passée de 1 500 m³ à près de 4 500 m³ depuis la baisse des prix à la pompe intervenue le 3 octobre 2024, selon le ministère de l’Économie nationale.
Les autorités congolaises rappellent pourtant que la réglementation prévoit un niveau minimal de stocks équivalent à 60 jours de consommation pour les différents produits pétroliers, un objectif qui n’est pas encore atteint.
Parallèlement, le gouvernement prévoit de verser dès début avril des avances aux sociétés pétrolières pour compenser les pertes et faciliter le renouvellement des stocks. Un dispositif de suivi des marchés pétroliers internationaux devrait également être mis en place en coordination avec la Banque centrale du Congo.
La crise actuelle trouve son origine dans les perturbations liées au conflit au Moyen-Orient. Selon la CNUCED, le détroit d’Ormuz assure le transit d’environ 20 millions de barils de pétrole par jour, soit près d’un quart du commerce mondial par voie maritime. Les tensions ont déjà provoqué une flambée des prix, le baril de Brent dépassant à plusieurs reprises les 100 dollars, avec un pic proche de 120 dollars le 9 mars dernier.
Djah OPELY












